15 mai 2019

Y aura-t-il débat sur France 2 et Inter le 22 mai ?

Plusieurs têtes de liste aux élections européennes menacent de boycotter un débat sur France 2 et France Inter le 22 mai, dénonçant une "mascarade" à quatre jours du scrutin.
"Si France 2 et France Inter refusent de changer les règles du débat, nous ne participerons pas à cette parodie de débat", ont déclaré, dans un communiqué commun, les têtes de liste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Benoît Hamon (Générations) et Jean-Christophe Lagarde (UDI), en appelant "les autres listes à ne pas servir d'alibi à cette mascarade".
Le président de Debout la France, le chef de file de Générations et le président de l'Union des démocrates et indépendants tiendront une conférence de presse commune mercredi matin à ce sujet.
"Ce n'est pas au service public de l'audiovisuel de choisir les bonnes ou les mauvaises listes. Ce choix appartient souverainement aux citoyennes et aux citoyens par leur vote", estiment-ils.
Ce débat dans le cadre de "l'Emission politique" doit réunir dans un premier temps six candidats ou chefs de partis: Marine Le Pen (RN) et Stanislas Guérini (LREM) dont les listes font la course en tête autour de 22%, Laurent Wauquiez (LR, 13-14%), Raphaël Glucksmann (PS/PP, entre 5 et 6%), Yannick Jadot (EELV, entre 7 et 8%), Manon Aubry (LFI, entre 8 et 9,5%). 
Dans un deuxième temps, sont prévus Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), François Asselineau (UPR), Francis Lalanne (Gilets jaunes), Dominique Bourg (écolo), Florian Philippot (Patriotes), Nathalie Arthaud (LO) et Benoît Hamon (Générations), tous en dessous de 5% d'intentions de vote.
Plusieurs d'entre eux ont critiqué en outre la présence des dirigeants de LR, LREM et du RN au lieu de leurs têtes de liste (Bellamy, Loiseau et Bardella). 
La tête de liste du PCF Ian Brossat a pour sa part annoncé saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), chargé de veiller au pluralisme mais qui n'intervient jamais en amont sur la programmation des chaînes, et "suspendre" sa participation au débat, qui selon lui "veut faire l'élection à la place des électeurs".
Florian Philippot a critiqué "une marque incroyable d'irrespect" envers les électeurs. 
Benoît Hamon a accusé, sur Public Sénat, la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte d'avoir voulu donner "quelques gages à l'Élysée" pour obtenir un second mandat. 
Faux, a répondu Thomas Sotto, coprésentateur de "L'Emission politique" ( ndlr : et donc rémunéré par Ernotte), interrogé par l'AFP.
Pour lui, les organisateurs ont "respecté rigoureusement et scrupuleusement les critères de représentativité du CSA" qui intègrent les sondages, le nombre de parlementaires, la contribution au débat électoral.
Et sur le découpage en deux parties de ce débat, "c'est un choix qu'on assume", a-t-il dit, invoquant une volonté de "clarté", pour que les candidats puissent exposer leurs "idées pour l'Europe". 
Quant à la présence de chefs de partis, "dès le départ, c'est nous qui avions donné cette possibilité" aux candidats, a-t-il précisé, compte tenu du fait que certaines têtes de liste devaient participer à des meetings ce soir-là.
"On ne favorisera personne", a-t-il assuré, précisant que l'émission allait donner la parole à une quinzaine de listes sur un record de 34.
"Ces petites intimidations, ça suffit", a-t-il ajouté, relevant que France 2 était la seule grande chaîne à diffuser régulièrement des programmes politiques en soirée. Le dernier grand débat télévisé de la campagne doit avoir lieu le lendemain, le 23 mai, sur BFMTV.

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