15 août 2018

Sosthène : Opération ALCIDE



A vous tous, sujets des cités de l’Audiovisuel Public, je vous avertis : Alcide arrive ! 
Alcide c’est le fils de Jupiter-Zeus et d’Alcmène ! Une histoire de cocu comme souvent dans le cosmos de l’audiovisuel public ! 
Zeus jette son dévolu sur Alcmène la femme du roi Amphytrion et pendant que le roi part guerroyer, Zeus prenant l’apparence du roi, (déjà des fakenews !) engrosse avec allégresse la reine Alcmène qui, à la colère des féministes et autres amazones ernotéennes, eut 71 fils et une seule fille. 
L’un de ses fils partit téter les seins de la déesse Héra, qui l’expulsa. 
Cela lui permit de devenir une sorte de demi-dieu, genre secrétaire d’état. En vomissant le lait divin, le bébé créa …la Voie Lactée ! 
Premier exploit de celui allait devenir Héra-kles, Hercule pour les romains. 
Le Nettoyeur des écuries d’Augias. 
L’opération Alcide est donc enclenchée : les cohortes d’énarques qui migrent de tubulures ministérielles en placards sombres ont dessiné un plan pour l’audiovisuel public. 
Et je suis reparti avec mon antienne : c’est un plan qui échappe à l’actuelle ministre de la culture dont on sait qu’elle est décrédibilisée par ses tripatouillages immobiliers du côté du cœur historique de Nîmes, par les subventions accordées à l’éditrice Nyssen par la Ministre Nyssen ! 
Le plan est austère, avec des diminutions importantes de budget : par exemple l’état voudrait récupérer tout ou partie des sommes versées hors redevance à France Télévisions, soit environ 500 millions d’euros, sur trois milliards…
Cette année, on peut penser que près de deux cent millions d’euros seront restitués dans les caisses publiques. 
Quand on pense que la Reine Folle poussait des hurlements quand on amputait son budget de 50 millions l’année dernière et que cette année, elle paraît admettre facilement l’hémorragie ! 
Mais la Reine de France Télévisions est devenue incohérente…
Alors que la démarche des énarques est logique : La France fait partie de l’Europe et la vision européenne de l’audiovisuel est libérale. L’audiovisuel est tout d’abord privé et le service public est là pour faire ce que les intérêts privés ne veulent pas faire : éducation, formation, culture. 
L’audiovisuel public français doit donc se repenser en fonction de ses missions initiales. Mais avant tout, ces amputations budgétaires sont un signal politique : il faut un projet très concret pour reformer France Télévisions et inscrire une cohérence dans l’audiovisuel public. Actuellement, il n’y a aucun porteur de projet. 
Ni Delphine Ernotte, ni Sybille Veil, ne sont compétentes pour mettre au point une réforme aussi importante et de plus, elles n’ont pas les équipes nécessaires autour d’elle. 
Les spécialistes de ces structures sont planqués soit dans le privé, soit dans l’anonymat de la multitude des salariés. 
Personne ne veut s’engager réellement auprès des deux reines. 
Surtout que l’opération Alcide est en cours : une opération très politique. 
Un projet va arriver devant les députés et les sénateurs en 2019. 
La mesure la plus libératrice sera certainement d’installer Alcide et qu’il devienne Herakles ! 
En clair, qu’un Président de l’audiovisuel public soit nommé et qu’il assure la cohésion de la télévision et de la radio nationale publique, des télévisions régionales et des télévisions et radios d’outremer, des radios départementales, des radios et télévisions internationales françaises. Traduisez : s’il y a un président unique d’une organisation qui regroupe l’ensemble des structures publiques de l’audiovisuel, les rois et reines dégageront automatiquement et ce sera certainement l’acte premier d’un grand nettoyage. 
Mais ne rêvons pas, ce nettoyage sera d’abord celui des esprits :il faut rassurer des personnels secoués par l’incompétence des hiérarques, accumulée depuis des années. 
Une incompétence qui a un constat concret. L’audiovisuel public est aujourd’hui ce que la sidérurgie fut à l’économie française dans les années 80 ! 
L’audiovisuel public vivote, sans autre ambition que de maintenir sa structure sclérosée. 
Pour tout avenir, les deux reines fofolles clament « Media global !! » sur tous les tons. 
Mais il n’y a aucune réalité derrière ces mots. 
On ne mélange pas dans un chaudron administratif, la radio, la télé avec un zeste d’internet. Personne n’en voit la finalité. 
France télévisions avec deux chaines nationales et une myriade de chaînes régionales de plein exercice, en métropole, comme en outremer, avec conseils d’administrations locaux est un champ de réformes suffisamment immense pour s’occuper pendant des années. 
Bon et maintenant si on fermait France Info TV ? Même pas 30 000 téléspectateurs par jour pendant que n’importe quel journal régional en fait 10 fois plus ! 
Une misère pour une chaîne politique créée par et pour François Hollande et qui coûte, au doigt mouillé, une cinquantaine de millions d’euros par an. 
Une chaîne qui se situe à la fin du peloton de queue des chaînes toutinfos! 
Argumentant sur le succès de France Infotv, l’un de ses dirigeants, aujourd’hui écarté, déclamait que dans tous les bistrots parisiens qu’il fréquente, France Info a remplacé BFM. 
Bigre ! Le bistrot parisien comme outil d’évaluation de l’audience d’une chaîne tout info : on sombre dans le sérieux à France Télévision ! 
Outil corrigé des variations saisonnières par le nombre de verres de muscadet bus au zinc ? 
Le fait que ce monsieur, baron du Royaume de la Reine Folle, devienne directeur des régions fait frémir !
Heureusement les élus régionaux ne sont pas tous aussi benêts que ceux de la Nouvelle-Aquitaine ! 
De façon arrogante, la direction de France 3 a exigé de la Région Occitanie une masse d’argent public, en échange d’un vague Contrat d’objectifs et de moyens. 
Réponse des élus du peuple : L’Occitanie est un tout. 
Pourtant, France 3 a deux stations et deux journaux qui ne correspondent pas au projet politique et à la réalité de la région Occitanie. Les élus demandent donc, qu’en échange de l’argent public, France 3 ne diffuse qu’un seul journal englobant la réalité de l’Occitanie entière. Réponse offusquée de France 3 : vous payez sans doute mais vous n’avez aucun droit de modifier la ligne éditoriale ou l’organisation de l’entreprise et réorganiser notre grille infos aurait des conséquences importantes sur l’emploi des techniciens et des journalistes. 
Donc, on maintient deux journaux régionaux obsolètes pour maintenir aussi de l’emploi et justifier des postes rétribués par de l’argent public ! 
Quelle souplesse ! Quelle efficacité ! 
Ceux qui demandent ce changement ne sont pas des gangsters ou des bandits de grands chemins : ce sont des conseillers régionaux, élus démocratiquement, qui ont des exigences logiques pour le mieux-être de leurs concitoyens, en réponse à une demande de financement de France 3 ! 
Demander la fusion de France 3 Midi-Pyrénées et Languedo-Roussillon, n’est pas un acte terroriste ! 
 Ce serait même assez logique puisque France 3 a été bâti sur des critères administratifs obéissant au découpage des anciennes régions, il n’y a qu’à suivre le mouvement insufflé par l’Etat…
Et puis la population occitane mérite bien une seule chaîne de télé publique. A laquelle, je persiste, la loi devrait imposer un conseil d’administration régional !
La réorganisation de France 3 devrait être un chantier prioritaire : trop de stations, trop de locales, trop de monde…
L’état, actionnaire principal, demande donc que les programmes régionaux soient multipliés par trois. 
Ce qui n’est possible que si, enfin, on considère que les programmes régionaux doivent être transverses !
Un seul magazine de l’agriculture, un seul magazine des Territoires, un seul magazine de l’aviation, un seul magazine de la Montagne, un seul magazine de l’Emploi, etc. réalisés par l’ensemble des programmes et des rédactions des régions et adaptés à chaque secteur géographique puis diffusés en version augmentée sur la chaîne nationale des Régions. Voilà à quoi sert le numérique : de la souplesse, de l’écriture, et adapter un même produit à ses publics ! 
Mais bon, la gouvernance du Royaume trouve plus intéressant de compter les grains de riz du numérique. 
Une direction de l’information des outremers a publié récemment un communiqué triomphant : plus de cinq millions de personnes sont venus consulter le site des Premières ! Wouahhh ! 
Une vraie blague : on compte un clic de souris ou de smartphone pour une personne et les algorithmes vont à la pêche en propageant des titres souvent accrocheurs. 
"Elle perd son bikini devant un requin ! " et vous accumulez les clics. 
D’ailleurs les clics traduisent un intérêt certain pour les faits divers, les cochonneries et le sport surtout en période de coupe du Monde de foot…bref, cela confirme au moins deux choses : le journalisme webique est au journalisme réel de service public ce que le fastfood est à la gastronomie de haut-vol. 
Affirmer sans rire que 5 millions de clics est un succès, ou 20 millions, c’est compter les grains de riz en oubliant que 5 millions c’est juste 1 kilo ! Une radio départementale, une télévision régionale ont plusieurs centaines de milliers d’auditeurs ou de téléspectateurs chaque jour, des vrais humains, des dizaines de millions chaque mois…
Donc, la gouvernance du Royaume délabré ne fonctionne que par la Communication ! Confondant les usagers du service public de la télévision avec des abonnés d’Orange !
La Reine Froide tente de se justifier, de se refaire une image politique sans rien faire et sans résoudre la quadrature du cercle qui lui est imposée : une baisse budgétaire sans précédent , des exigences incroyables de l’actionnaire principal, à savoir la multiplication par trois des programmes régionaux, la fermeture de deux chaînes nationales ( France Ô et France 4),le mariage impossible de programmes radios avec ceux de la télé…
Le tout étant accompagné d’un non-dit : la suppression de 500 emplois à France Télévisions. 
Ce qui ne devait pas poser de problème dans une entreprise où la rédaction nationale, la News Factory, approche le chiffre faramineux de 1000 journalistes ! Et où on peut chiffrer à environ 300, le nombre de journalistes de France 3 perdus et inutilisés dans les locales et les bureaux départementaux, sans compter les rédactions pléthoriques disséminées dans les régions. 
Bien sûr, on ne peut pas envisager un plan social basé uniquement sur le nombre. 
Il est du devoir de l’employeur, la Reine Folle, de donner du travail à faire à ces rédactions. 
Mais il n’y a pas d’idée, pas de projet, pas d’enthousiasme. 
Les troupeaux de bœufs gras directoriaux se reposent dans les étables de leurs bureaux. 
La Reine, regardant la cité brûler et se dissoudre, chante en jouant de la lyre, sur les remparts dominant la Seine. 
En attendant son procès ? 
Accusée de corruption de la jeunesse par l’utilisation de publicités néfastes pour la santé, de négation des dieux ancestraux de la télévision, et d’introduction de divinités nouvelles et numériques, la dame Ernotte pourrait être obligée, comme mon compère Socrate, de subir un procès public et de boire une ciguë libératrice aboutissant à une disparition médiatique et politique. Ouf !


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