23 juillet 2018

Sosthène : le numérique comme panacée ?

             

Ah chez nous, les Grecs, les chèvres sont importantes. 
D’ailleurs c’est une chèvre, Amalthée, qui nourrit Zeus de ses mamelles. J’aime mes chèvres et parfois, elles sont tout excitées. J’ai Sybille et Delphine, surtout Delphine, qui sautent comme des cabris qu’elles sont, en bêlant » Numerik ! »Numerik ! ».
 Avec mes chèvres, sous les oliviers, on regarde tout : l’air du temps qui passe, le bleu du ciel égéen, la télévision et les réseaux sociaux…Alors pensez- vous : nous n’avons pas raté l’annonce du gouvernement français qui confirmait ce que la Pythie de Delphes nous avait dit… 
Puis, je vous l’avais écrit à de nombreuses reprises : le Royaume de France Télévisions est pourri par l’accumulation de générations de dirigeants corrompus et incompétents. La dernière en date étant symbolisée par la Dame de Pique, la Reine Ernotte ! 
Là on a vu la Reine Folle se précipiter à Malakoff pour annoncer à ses sujets que France Ô, c’était terminé ! 
Décision prise non par elle, précise-t-elle, mais par les Dieux de l’Olympe : Matignon et l’Elysée ! 
Car, la Reine folle dans sa tenue rouge de femme de ménage

est venue raconter n’importe quoi : restez calmes : on va mettre de la météo ultramarine sur toutes les chaînes. On va faire comme TF1 et cela vous sauvera… !

Vous avez deux ans devant vous pour vous mettre au jus et vous formez à la modification des paysages. On passe au numérique ! »
 N’importe quoi! 
La vente de téléviseurs a explosé pendant la coupe du Monde, pas celle des smartphones. 
Chaque jour entre 7 et 11 millions de français regardent la grande messe des journaux télévisés à 20h. 
Le passage sur le numérique, en clair l’internet ? 
Mais, 10 millions de français n’ont pas internet ! 
Seulement, la moitié des français a un ordinateur ! Il y a une fuite en avant vers une apparence de modernité qui est affligeante. Le rêve technologique passe avant la réalité sociale. 
L’être humain reste grégaire : allez donc partager vos sentiments et vos impressions sur un spectacle que les autres n’ont pas vu, puisque chacun dans son coin regarde des épisodes différents ou des films. 
La consommation d’images sur petits écrans est…individuelle et incontrôlable. Ce dernier mot n’est pas politique : les djeuns et les adosses regardent du porno, de la violence sur leur smartphone et You tube pour les clips, la zikmu, et les starlettes du conseil individuel. 
Pas de démarche collective. Pour apprendre, admirer, voir, commenter, échanger, il faut voir la même chose, le même écran. 
Dans les familles, concept inconnu des pédégères de l’audiovisuel public et des populations des centres villes des mégapoles, on regarde ensemble. On dit ensemble. On commente, on parle, on discute, on s’énerve, on explique…
La radio a fait son chemin d’une audience collective jusque dans les années cinquante à une écoute individuelle. La radio chuchote à chaque auditeur, dans son écouteur, dans sa voiture. 
La Télévision n’a pas fait et ne fera jamais ce chemin. 
Ne pas confondre le concept de « télévision » avec celui de vision d’images animées sur un petit écran. La télévision reste ce grand spectacle donné à 67 millions de français. Une masse collective, qui commente au bistrot, à la cantine, dans l’open-space, la victoire des Bleus, la faute politique d’un président, l’émission sur la Déportation et qui apprend l’Histoire avec Stéphane Bern…
La télévision rassemble et ne constitue pas une galaxie d’individualités…
Alors pour bâtir une télévision de service public, un audiovisuel public, il faut être certain d’avoir une morale, de savoir ce qui est bon pour la société, la France, l’Europe, le Bien, la Nature, la Santé. 
Et ce qui est bon, c’est le vivre et apprendre ensemble ! 
Pas de regarder du X sur son smartphone dans la pénombre d’un métro. Mais quand une Reine Folle de l’audiovisuel Public va contester officiellement un projet de loi qui interdira la publicité d’aliments trop chargés en produits chimiques ou en sucres pour des enfants, parce que la suppression de cette manne financière aurait eu des répercussions sur son budget ! 
Que dire, sans mépris ? 
Cette Reine-là sait- elle ce qui est bon pour la Collectivité, pour l’auditoire du service public, pour le Pays ?  
Et dire qu’un groupe obscur, à la suite de manœuvres obscures et répréhensibles a tout fait pour la nommer à ce poste ! Là on en paye le prix. 
L’incohérence est à son plus haut niveau : il y a quelques mois, la Reine hurlait parce que Zeus voulait lui enlever une cinquantaine de millions d’euros à son trésor ! Aujourd’hui pour complaire aux dieux, elle trouve normal qu’on lui enlève presque 200 millions d’euros dans une première tranche. Le budget de France Télévisions va trembler et devient ingérable.  
Mais la Reine Folle ne réfléchit pas. 
Tout le monde voit bien que les énarques en costume gris avec calculette du côté de Bercy ont pris les commandes. Avec intelligence et clairvoyance. Ils ont en charge, eux, notre destin commun. Leurs exigences sont claires : l’avenir de l’audiovisuel public, il sera austère et constitué d’une seule chaîne nationale, qui diffusera des programmes de service public, comme ceux de la 5 actuellement, et non plus des jeux à la noix ! 
Il y aura une autre chaîne qui diffusera sur le national les programmes faits par et pour les Territoires, métropolitains et ultramarins. 
Il y aura un support administratif et technique, une groupe logistique central pour les stations, les chaînes locales de plein exercice, avec conseils d’administration locaux, en métropole et en outremer. Et… Voilà ! 
Et croyez-le, il s’agit d’une tâche écrasante à mettre en place sans les scories des carriéristes, des ambitieux, des usurpateurs et des directeurs sans talent.
Pour le numérique, dans son mode de diffusion actuel, l’internet, il s’agit d’un gadget de science-fiction. 
Une part importante des français n’a pas d’ordinateur, n’est pas connectée par une box mais paie une redevance alors pourquoi leur ferait on payer en plus un abonnement à une société privée pour aller voir des programmes de service public sur de minuscules écrans ? 
La BBC a replacé sa chaîne, équivalent de France 4, sur le net, avec les moyens lourds de la BBC. Bilan ? 85 pour cent d’audience en moins ! 

Faire des « Portails », des sites, des applications…Tout cela, c’est de la poudre aux yeux, de la magie, de l’escroquerie dans le domaine de l’audiovisuel public ! 
Mais le Numérique peut aussi être une excellente chose…
Dans le domaine de la fabrication, de l’expression des talents. On peut faire des films de cinéma avec deux smartphones mais les diffuser sur de grands écrans, obligatoirement. On peut faire des émissions, des magazines. On peut monter un reportage dans une voiture ou un avion. Là, le numérique a les limites du talent. 
Mais confondre fabrication et diffusion est une erreur des gens élevés au credo du Marketing et des Ressources Humaines !
En attendant, les médiocres de France Télévisions se complaisent dans cette bauge. 
Ils font des rédactions «numériques » de journalistes sans talent qui mettent en ligne des dépêches encore plus mal écrites que celles de leurs ancêtres des agences de presse. 
Là, ces « journalistes du Web » écrivent des papiers à base d’infos pêchées ailleurs sur le net. 
Les reporters ont disparu au profit de plumitifs qui décrivent la trace d’un ours que certains auraient vu et qui l’ont écrit dans une autre parution webique…Mais personne n’a vu l’ours, ni la personne qui dessine des traces d’ours. 
Le « journalisme du Web » est affligeant, webique ! D’ailleurs, il n’intéresse que peu de monde ; Il faut les voir se gargariser quand, un papier fait 150 cliks ! Et que n’importe quel papier d’une radio régionale a 90 000 auditeurs ou que n’importe quelle télé régionale voit son journal grimper à 200 000 ou 400 000 téléspectateurs !
L’avenir ? le Web ? 
A Mayotte, 75 pour cent de la population est illettrée et 80 pour cent n’est pas francophone ou à peine. 
Et bien, il y a un site web des Premières avec une rédaction internet ! 
Tout comme en Guadeloupe ou en Martinique, où l’illettrisme atteint 35 pour cent de la population.
En France, 2 millions et demi de personnes ne savent pas ou plus lire ! et nous sommes d’accord pour constater que si on ne sait pas ou plus lire, comprendre un article sur le net…Ce n’est pas facile ! LOL comme disent mes chevreaux ! 
Ah l’argent public est employé à de drôles de pratiques. 
Mais les innombrables directeurs de France Télévisions apprennent sans arrêt. 
Là, il y a une technique à la mode : le management circulaire ! Vous riez ? 
Deux directeurs régionaux sont en formation à Malakoff pour apprendre le management circulaire. 
Sans doute l’art de sortir de son bureau de directeur et de tourner en rond ou de jouer au foulard ! 
Le coût de cette formation, plus les frais de mission et les billets d’avion…
Ah la Reine, dans sa tenue rouge, a bien fait de venir à Malakoff, au siège des outremers, pour rassurer ses sujets avec l’annonce de la fermeture de France Ô. 
Ils sont partis en pleurant en vacances à la plage. La reine leur a dit un avenir dans lequel, ils feraient autre chose mais avec les mêmes dirlos. Les mêmes nullités qui ont conduit France Ô dans le mur ! le même directeur de l’Information incompétent, les mêmes directeurs de la musique, des contenus, des services, de cabinet, des rédactions, des magazines, les mêmes rédacteurs-en-chef auto-proclamés ! 
Il y a de quoi monter une commission de discipline pour médiocrité, un tribunal et une guillotine, rue Danton ! Bon ils n’iront pas loin…
Comme les 1000 journalistes de la Ferme rédactionnelle de la Rédaction nationale, comme les 1000 journalistes des rédactions bondées des stations régionales, comme les 260 directeurs, payés comme 1000 journalistes de France Télévisions (ils viennent d’apprendre une nouvelle ahurissante : leur part variable, qui équivaut à un quatorzième mois de salaire, et qui doit être calculée sur leur efficacité ne sera pas supprimée. Non au contraire, la Reine Folle a décidé de l’octroyer à titre définitif même quand ils ne seront plus dirlos.) 
Avec la ponction budgétaire qui se déroule dans l’audiovisuel public, les experts ont calculé que pour s’en sortir il faut licencier ou faire partir 500 personnes. 
Moins s’il s’agit de l’encadrement, surpayé et pléthorique ! 
En attendant, la Transformation va arriver : Rendez grâce : Tullius Detritus, directeur incompétent va diriger l’avenir de France Télévisions et le cabinet de la Reine Folle. 
Ces temps-ci, les dieux n’ont pas beaucoup d’occasion de rire. A France Télévisions, la Reine Folle leur offre le spectacle de ce théâtre aux masques grimaçants !

Mais en fait comme mes deux chèvres nouvelles, les deux reines de l'audiovisuel,celles  de la Radio Publique et de la Télé publique, poussées par la faim et leurs bourses vides, commettent un palimpseste. 
Elles font du neuf avec du vieux. 
Elles demandent un coup de main financier aux régions. 
Elles ont lancé un appel au secours aux Régions de France, de métropole et d'outremer: donnez nous de l'argent pour remplir notre mission. 
Tiens Paris se souvient qu'il y a des régions?
Pourtant la basque Ernotte n'avait pas hésité une seconde à supprimer la télé publique du Pays Basque. 
Son grand-père, maire de Bayonne, avait du se retourner dans sa tombe.
A aucun moment d'ailleurs, la Reine Folle n'avait reçu les doléances des élus basques et leurs demandes de maintien de la télé basque de France 3...Comme les bretons de Brest d'ailleurs. 
Et maintenant, à croupetons, avec sa consoeur des bords de Seine, elles sollicitent ces mêmes élus pour payer leur écot.
Aménagement du territoire,plans déchets, lycées, développement durable, je ne vois nulle part inscrit dans les compétences des Régions de France, le financement des radios et télés publiques. 
Surtout si les télés publiques se font bien à l'échelle de la région administrative, les radios de France Bleu sont clairement départementales!
Et puis demander de l'argent en faisant croire qu'on va accomplir une mission pour laquelle on est déjà payé par la redevance...c'est tout simplement de l'escroquerie. 
C'est ainsi que les contribuables citoyens de la Nouvelle-Aquitaine sont tondus comme des moutons fiscaux à hauteur de 100 000 euros par mois par l'inénarrable directrice régionale de .3 nouvelle-aquitaine, déjà connue d'un tas de services de l'Etat, qui a réussi, par acoquinement politique, à se faire financer sans contrepartie par la Région Nouvelle-Aquitaine. De la Magie...
Et là, les deux reines Pédauque, exigent des régions un financement sans leur proposer une réforme des structures des stations. 
Qui paie commande ! 
Les régions pourraient et devraient exiger l'installation dans chaque station de France Bleu, des Premières et de la 3 un Conseil d 'Administration, au sein duquel seraient représentés, les citoyens, les associations, les profs, les élus, la Région, les EPCI, les conseils départementaux, l'agence régionale de Santé, les universités locales...
Redonner le pouvoir politique, au sens premier et grec du terme, aux Territoires et à leurs citoyens, sur l'audiovisuel public  serait la moindre des choses en échange..de leurs impôts!

Ah oui dernier détail de puriste. 
Le gouvernement exige une multiplication par trois des programmes régionaux de la Télé publique. 
C'est tout à fait réalisable sans doute...mais il ne faudrait pas comptabiliser dans ces programmes télés à venir,les programmes radios filmés en gros plan par des caméras automatiques,mises en route par des techniciens radio sous-payés! 
Voir pendant une heure des animateurs en gros plan avec des gros nez et des casques sur la tête qui rient ou parlent à des auditeurs invisibles... Cela ne s'appelle pas de la Télévision Publique!!


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