Plate-forme payante, Salto pourrait potentiellement entrer en concurrence avec MyCanal qui réunit les meilleurs programmes de Canal+, visionnable sur PC, Mac, tablettes ou iPhones. « Chez Canal+ on sait combien il est compliqué de faire payer des gens, même avec du contenu explosif comme le football, a poursuivi Franck Cadoret. Sinon je n'aurais pas mis Canal+ à 19,90 euros, au lieu de 40 euros... »
« Je leur souhaite le meilleur, évidemment, a-t-il enchaîné. Je suppose qu'ils ont dû faire des études de marché, questionner des clients... Et s'ils ont décidé de se lancer, c'est parce qu'ils ont dû avoir plein de clients qui leur ont dit oui, c'est super, on est d'accord pour payer des contenus qu'on a déjà en gratuit ! »
La question, selon Franck Cadoret, c'est aussi celle de la moyenne d'âge des gens qui regardent les chaînes de télévision. « Ils ne sont pas tous jeunes », a-t-il dit. Or, une plate-forme comme Salto, sur le Web, s'adresse en principe plutôt à une cible jeune, comme un Netflix qui, lui, a un bon taux de pénétration sur les 25-34 ans.

« Un truc qui s'adresse à des vieux »

« Les gens qui regardent la télé, ils ont mon âge [60 ans, NDLR], a encore souri Franck Cadoret. Je suis typiquement la cible de Salto : s'ils ont un client en France, c'est moi ! » Selon lui, « leur challenge, c'est comment faire une plate-forme pour une tranche d'âge jeune, quand tous les prospects n'ont pas cet âge-là ? C'est très compliqué... »
« Donc, si on résume, sur Salto, un truc qui s'adresse à des vieux mais qui est pour des jeunes, qui était gratuit et qui devient payant... S'ils y arrivent, je suis prêt à leur apporter une bouteille de champagne à chacun ! », a-t-il lancé.
Fabienne Schmitt