01 juillet 2018

Sosthène : France Télévisions, un super-marché, le rêve quoi !



Quand j’étais prytane , un des plus importants magistrats d’Athènes, je surveillais les marchés et les commerçants. 
Le grec est d’abord agriculteur mais la terre est pauvre et il faut se tourner vers le commerce. 
Le Grec est donc aussi commerçant, marchand.

Mais attention avec une nette tendance à la rouerie et à la duplicité. 
C’est pour cela que la Boulé m’a désigné comme
magistrat du Commerce : pour arbitrer et modérer l’ardeur commerciale de mes compatriotes. 
Et depuis, je sais reconnaître un grec marchand. C’est inné…

Tenez dans le Royaume de France Télévisions, j’en ai repéré un tout de suite. 
Culotté, de l’aplomb et une maîtrise pas ordinaire dans l’art de duper ! 
Profitant de la méconnaissance et de l’incompétence de la Reine dépressive, le Grec s’est introduit dans les méandres du Royaume Perdu.

Il a vu des boutiques audiovisuelles qui concurrençaient des supermarchés-chaînes de télé, des équipes qui achetaient sur des marchés, sans connaissance du commerce et balançaient des sommes folles aux quatre vents, dans des sociétés de productions aussi voraces que sauvages. 

Le grec a donc décidé de mettre de l’ordre. 
Il a donc fait vider les chaînes de leur substance, de leurs équipes, de leurs identités. 
Là, les vitrines audiovisuelles sont nettoyées, repeintes de couleurs artificielles, voire fermées faute de clients, mal situées ou mal dirigées.

Pour faire comme dans n’importe quelle chaîne d’hypermarchés, le Grec a donc ouvert…une Centrale d’achat ! Il l’appelle DGDAP !

Les anciennes directrices de magasins sont devenues chef de gondoles. 
L’ancienne patronne de la boutique France 2 dirige les achats de conserves et plats surgelés-magazines. 
Celle de France 4, s’occupe des fournitures jeunesse 
Telle autre c’est plutôt la droguerie-variétés ou encore la dernière est au rayon des séries.

Voilà ! Qu’on se le dise France Télévisions : quand la Présidente dit « Nous allons donner une nouvelle identité aux chaînes » ! 
Ce n’est pas sur le mode audiovisuel qu’il faut comprendre la formule mais plutôt sur le mode Carrefour. 
La Centrale d’Achats fournira en documentaires l’ensemble des chaînes -magasins. 
Comme cela on peut négocier sérieusement avec une société de production affamée d’argent public et exiger d’elle des rogatons pour les petites chaînes régionales ou ultramarines en plus des commandes principales pour les antennes nationales. 
Puis le reste suivra : les marges arrière, les dessous-de-table pour être bien placés dans la gondole. 
Mon grec connaît le Commerce. 
Les directions de chaînes ou de stations deviendront seulement des rouages de gestion.

 Et la démocratie audiovisuelle ? 

Les conseils citoyens qui disent ce qu’ils souhaitent pour la formation ? 
L’Information ? 
Le Grec répond : "C'est l'audience du groupe qui est intéressante, plutôt que l'audience de chacune des chaînes.

Ben oui cela reste l’audience. 
Contrairement à ce que raconte l’actionnaire principal : l’Etat, contrairement à ce que souhaite Zeus, les parlementaires, l’audiovisuel public doit faire de l’audience à tout prix, d’après ces gens-là ! 
On va donc oublier, la culture, la musique classique, le théâtre en prime time, les émissions d’Histoire ou de géographie, les magazines scientifiques, etc…

Pour le moment, comme pour les hyper-marchés, le Grec, devenu le vrai patron, connétable du Royaume Fou, est obligé de garder du frais pour faire croire qu’il tape dans le commerce équitable, proche du client-téléspectateur : les boulangeries-rédactions. Bon…
Mais un jour : pourquoi ne pas sous-traiter ?

C’est sûr qu’avec ce système commercial démentiel, on est loin des publics, des services publics, de la permaculture, de l’artisanat, de la formation des citoyens, de la proximité des cultures, des économies-carbone et du commerce équitable mais bon quand on vient d’Orange ou de TF1, c’est un système qu’on comprend. 

Il ne convient pas à ce que qu’attendent les publics ? 
Ben…Si…c’est un peu comme du Bio industriel ! Ça a la couleur du service public mais c’est fait à la chaîne. 
Puis on placera dans toutes les boutiques régionales et ultramarines, supermarchés spécialisés et hyper-marchés généralistes des experts en vente et marketing pour faire avaler notre daube industrielle à des téléspectateurs-consommateurs ! 
Audiovisuel public disait-on ! 
Ben, y a comme une autre organisation dans l’air. 

D’ailleurs, voyant que son idée de SALTO prend une place financière inédite et que pour faire cracher les chaînes privées afin de concurrencer, avec ridicule, Netflix ou Amazone, ce n’est pas gagné. 
La Reine Folle est en train de disperser le personnel de la SVOD interne de France Télévisions, qu’elle venait d’embaucher et qui ne sert à rien, sur des postes où ils ne sont pas ou trop qualifiés, dans les boutiques régionales…

Et pendant ce temps-là, on sent la colère de Zeus monter ! 
Il dit qu’il faut réfléchir à une autre place pour les outremers sur les antennes de service public et ni le Grec, ni la Reine Folle, ne font seulement mine de comprendre. 
Le Chambellan Kanak, qui n’est plus en grâce à la Cour, appelle au secours ses directeurs » Auriez vous une idée pour sauver France Ô…
" Je suis preneur ! " 
D’abord ce sont des directeurs, des hiérarques, donc ils n’ont pas d’idées et ensuite c’est trop tard. 
A moins de devenir, réaliste, compétent et impitoyable : on met dehors tous ces directeurs qui encombrent Malakoff et qui ont mené France Ô dans le mur : ces directeurs de rédactions, de l’Information, parfumés et fleuris et qui ont minaudé comme des petits marquis en ne faisant rien pendant des années. 

Même sort pour ces cadres, anciennes petites mains à France 2 ou France 3, qui ont marchandé depuis le départ " je veux bien travailler pour les outremers mais à condition d’être rédacteur-en-chef, directeur-adjoint, directrice des antennes ". 

Ah Diriger une chaîne nationale consacrée aux Outremers, sans jamais y avoir vécu ! 
Mais c’est courant à France Ô ! 
Dehors…
On met des vrais spécialistes des cultures de l’Outremer. 
Ceux qui savent que le matin, on peut diffuser de la musique polynésienne, des musiques de la Caraïbe, des maloyas de l’Océan Indien, des musiques du Fleuve, awassas des bushiningues, des musiques kanaks, des mélopées futuniennes. 

La musique est le sang des outremers, une Long Chant qui traduit le bonheur, la joie, le chômage, la peine et qui est totalement absente de France Ô. 
Alors comment voulez vous sauver une chaîne dont les dirigeants ignorent l’ADN, comme dit le Grec, des Outremers.
Mais tout cela est déjà du passé, la nouvelle organisation de France Télévisions est prévue pour 2019. 
Les particularismes, les folklores, les missions de service public, les écritures…
Tout cela est un effet des Temps anciens. 
A Paris, on installe des caméras automatiques dans les studios de France Bleu , pour faire de la transversalité : on va diffuser sur les antennes télé de France Télévisions, des images automatiques de studios radios. 
La négation même de la Télévision ! 
A la Réunion, il a quelques années, on y a cru. La population réunionnaise, française en diable, a eu le droit à cette lubie, qui a coûté un fric monstrueux à la station pour un résultat pitoyable en audience…
Car on ne regarde pas la Radio, on l’écoute, dans la voiture, dans la cuisine, le matin… L’image de la radio est sans intérêt : des mecs et des nanas, habillés « radio » avec un physique « radio » autour d’une table, un bouquet de micros devant et des casques ridicules et indispensables sur la tête ! 
Même Spielberg ne pourrait rien faire en matière de réalisation pour faire avaler ce machin à des téléspectateurs qui se lèvent !

Mais bon, il faut être énarque ou centralienne pour être nommé PDG de l’Audiovisuel Public, devenir un peu berzingue, gonflée par ses fonctions et son incompétence et considérer que comme le Peuple a tort de ne pas écouter ou regarder sa radio ou sa télé, il faut changer le Peuple ! 
Ils ont faim ? 
Qu’on leur donne de la brioche disait une autre Reine Folle… 

Mais en tout cas, il y a quelque chose qu’on ne pourra pas enlever à la Reine -Présidente de France Télévisions dans son combat juste pour l’égalité des femmes, voire la suprématie sur les hommes blancs de plus de cinquante ans : c’est d’être devenue un symbole fort, à la Giroud.

Françoise Giroud, vraie journaliste, authentique patronne, elle, disait, il y a trente ans, dans une interview au Monde datée du 11 mars 1983, 

  "La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."

Voilà, à France Télévisions, c’est fait !

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