14 juillet 2018

France Télévisions : déontologie à géométrie variable ...


A France Télévisions vient de se tenir une réunion sur la déontologie...
Vaste programme !
On se souvient qu'il y a quelques mois, l'ADAP s'était fait l'écho d'un licenciement affectant un journaliste du site de Malakoff.
Il s'agissait de prestations extérieures dont l'intéressé ne se cachait nullement en ayant même fait la demande, acceptée, il y a plusieurs années.
Foin de tout cela, le couperet est tombé ! A la porte !
Il faut dire également qu'il ne cochait pas toutes les cases de la bienséance ernottienne : blanc, cadre, plus de 50 ans...
Procès en cours...

Or ne ne voila-t-y pas que l'on apprend qu'une ex-journaliste,  en l'occurence Sophie Davant, fait des ménages sur un nombre considérables de supports et pas seulement du service public sans que la Direction ne lève le petit doigt !
 
Voici un extrait d'un rapport réalisé par FO à l'issue de cette réunion sur la déontologie :

La participation d’une animatrice emblématique de FTV à un spot de pub pour des régimes amaigrissants

En février dernier, nous avons fait part de notre surprise et de nos interrogations à la suite de la participation d’une ex-journaliste désormais animatrice à une publicité pour un régime amaigrissant diffusée sur l’ensemble des chaînes dont celles de France Télévisions.
Cette participation nous parait d’autant plus problématique que le spot publicitaire ressemblait sur le fond comme sur la forme aux émissions présentées sur France 2 par cette consœur (journaliste jusque récemment), ce qui ne peut qu’immanquablement induire une confusion dans l’esprit des téléspectateurs, invités à considérer que France Télévisions est partenaire de l’opération.
Ce détournement d’image d’une émission et ce mélange des genres pour un produit aux résultats incertains, s’adressant de surcroit à une catégorie de consommatrices fragilisées et susceptibles d’être facilement abusées, ne contrevient-il pas aux règles de bases de la déontologie du service public ?
Le syndicat Force Ouvrière a réclamé aux directeurs présents à cette Commission des réponses précises aux questions suivantes :
• Dans quelles conditions la direction de France Télévisions a-t-elle donné son feu vert à la participation de cette collaboratrice de FTV à ce spot publicitaire ?
• Était-elle au courant du contenu de ce spot s’inspirant des émissions présentées par cette consœur?
• Le spot a été diffusé à de très nombreuses reprises sur nos antennes pendant plus d’un mois. La direction de France Télévisions a-t-elle jugée que cette diffusion ne posait aucun problème ?
• Le spot continue à être diffusé aujourd’hui, mais sans la présence de notre consœur. La direction de France Télévisions est-elle intervenue en ce sens ?
• Depuis, cette présentatrice a participé à un autre spot de publicité vantant les services de La Poste. Bénéficie-t-elle d’une autorisation particulière pour ce type de collaborations extérieures ?
Réponse de la Direction :
La Direction de l’information reconnait en substance qu’il s’agit d’une question épineuse, mais « Sophie Davant dépend des programmes et non de la direction de l’information. Elle n’est plus journaliste depuis 2 ans… »
 
Or, les élus Force Ouvrière l’ont objecté, la distinction n’est pas évidente pour le téléspectateur, elle est identifiée comme étant une journaliste de FTV. Ils ont donc fait remarquer que la réponse de la Direction de l’information était insuffisante et ont demandé à cette dernière d’agir en conséquence auprès de la Direction des programmes qui chapeaute toutes les chaînes, car désormais « transverse ».

Y-a-t-il un « deux poids deux mesures » en matière de collaborations extérieures ?

Cette affaire a attiré notre attention sur un certain nombre de collaborations extérieures effectuées par plusieurs collaborateurs de France Télévisions.
Sans vouloir stigmatiser quiconque ni dresser de liste, il est clair que plusieurs journalistes de France Télévisions – et non des moindres – signent des chroniques régulières sur des médias amis mais néanmoins concurrents (RTL, Europe 1…pour ne citer que ceux-là)
Dans le même temps, nombre de journalistes nous ont indiqué avoir été en bute à des tracasseries administratives voir à des refus lorsqu’ils ont sollicité de pouvoir faire des collaborations extérieures, même de manière ponctuelle.
• Comment expliquer cette disparité de traitement ?

• La « clause d’exclusivité » qui lie théoriquement tout salarié de FTV n’est-elle qu’un alibi pour empêcher les journalistes de la base de livrer à une activité professionnelle somme toute habituelle et légitime, tout en autorisant (et même en encourageant) ceux qui font partie du « sérail » à développer leurs talents médiatiques partout où ils en ont le loisir ?


 

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