05 juin 2018

Sosthène : le Rêve d’un homme éveillé


Il y a des éclairs sur l’Olympe et un vent froid qui descend du domaine des dieux. 
Zeus serait- il mécontent ? 
Pourtant nous entrons en Thargelion…
Presque l’été dans notre calendrier athénien. 
Il est temps de revoir les philosophes par les temps qui courent. 
Je regarde toujours à travers les nuées, le fourmillement du théâtre de l’audiovisuel public. Les masques ne tombent pas. Ils se succèdent.
 Parfois, les prophéties de la Phythie sont pénibles à interpréter mais là ! 
La messe était dite : Zeus envoyait enfin un Hercule de l’audiovisuel public et zou ! : il nous dégommait la Reine des Amazones, la folingue qui règne sur France Télévisions, et nettoyait les écuries d’Augias en demandant à des professionnels de la profession de matérialiser des projets ambitieux et concrets. 
Au lieu de ça, on a vu une ministre sénescente prononcer un discours honteux et s’enfuir sans regarder en arrière. 
Et quel discours ! Un Muthos ! 
Un discours mensonger que je distingue comme Platon, du discours équilibré, vrai et raisonnable : le Logos. Vraiment tous les messages véhiculés par Hermes, dieu des messages et des messagers, disaient que le Grand Nettoyage allait commencer puis…non…rien ! 
Un galimatias de notions erronées, de poncifs médiatiques ! Tous les groupes citoyens, tous les connaisseurs du dossier, les députés, ont la même réaction : une réforme qui n’en est pas une et l’étalement d’une incompétence spectaculaire de la ministre en question mais aussi de la Reine de France Télévisions, soutenue par l’autre reine incompétente, celle de Radio France. 
Le silence des autres dirigeants de l’audiovisuel public, professionnels avertis, est éloquent. Alors que s’est-il passé ? 
D’abord le sommet : Zeus-Jupiter s’est décrédibilisé. 
Il annonce, éclairs à la main, un séisme salvateur dans l’audiovisuel public. Son constat est une réalité : plus rien ne fonctionne dans le Royaume de la France Télévisions et cela coûte cher en argent public. 
Il mande son serviteur, ministre, et de commissions en réunions, d’énarques en experts fantasmés, de consultations de présidente totalement larguée, on sort un projet de réforme aussi utile que de l’eau tiède. Même mes chèvres auraient fait mieux ! 
Bon le constat de base est là : c’est une réforme totalement imbécile et inutile qui déclenche la colère chez tous les professionnels. Une réforme qui n’économise rien…Mais pourquoi ? comment en est-on arrivé là ?
L’entre-soi, la complicité objective des élites, le « salonisme » comme moyen d’information, la corruption…
Le système est vicié. D’abord le haut : en clair, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui fait preuve dans ses décisions nominatives d’un culte de la proximité sociale ahurissant. 
On nomme une dirigeante d’entreprise, membre du Siècle, à la tête de France Télévisions sans tenir compte de son passé désastreux à Orange. Uniquement parce qu’elle a une proximité politique avec, peut-être, l’Elysée de l’époque. Une nomination si étrange qu’elle fait l’objet d’une enquête de justice. 
Le CSA nomme une nouvelle reine à Radio France, sans tenir compte de son passé désastreux et technocratique dans les instances où elle a travaillé comme énarque. 
Les deux reines ayant en commun une méconnaissance totale de l’outil industriel qu’elles devraient piloter. 
L’un des axes de la « Reforme » est de faire des matinales communes entre stations de radio et de télévisions. 
Ce devait être huit…puis maintenant deux : Paris et Marseille. 
Comment faire des matinales avec des journalistes de télévisions qui travaillent sur une échelle régionale et des journalistes de radio qui travaillent sur une échelle départementale et pas dans tous les départements ? Et le Temps de la Radio n’étant pas celui de la Télévision, on se demande bien qu’elle purée médiatique va en sortir ! 
On voit déjà que France Info est une catastrophe industrielle…
Autre point de la réforme : la fermeture de France 4. 
Car c’est bien d’un enterrement qu’il s’agit. Le passage de la chaîne sur internet va voir disparaître sa faible audience. Alors bien sûr que budgétairement c’est une bonne idée d’abandonner un territoire qui coûte une vingtaine de millions d’euros chaque année et qui était géré de façon hallucinante depuis longtemps. Mais peut être comme le soulignent les députés, il aurait fallu en faire une chaîne intelligente pour les enfants, débarrassée des publicités débiles ou pousse-au-crime qui sont l’apanage des chaînes privées et que la Reine De France Télévisions a défendu becs et ongles ! 
On n’en finirait pas d’énumérer les détails idiots, les mesures inutiles, les phrases grandiloquentes. 
Moi je serai Zeus, au lieu d’être un vieux berger sur sa montagne, je serai en pétard ! Devant tant de connivence, de complicité. 
Que dire de cette Reine de Pique qui commence son discours à la Ministre de la Culture, sa tutelle directe… Par « Madame, la ministre, chère Françoise, … » Et pourquoi pas un bisou dans le cou ? Ainsi les deux cabinets des deux femmes ont noué des liens d’amitiés indéfectibles…
Et donc l’objet de tout ce micmac, du détournement de la réforme de l’audiovisuel public, est de maintenir en poste Delphine Ernotte ? 
Encore deux ans d’incompétence ? 
Mais même ses « directeurs exécutifs de pôle », en ont assez ! 
De la Communication à tous les étages, une absence de décisions réelles, une augmentation de l’encadrement spectaculaire. A tel point que les députés l’ont souligné dans un rapport, reprenant une information de la Cour des Comptes. 
Mais si tout est loin d’être faux dans ce rapport certains aspects demandent à être pris avec des pincettes. 
D’abord la députée qui a diligenté l’enquête est la lobbyste des producteurs de télévisions dont elle a présidé l’organisation pendant des années. 
Et ce n’est pas innocent qu’elle ait glissé ce rapport devant les médias au moment où la ministre de la culture, bras armé de Zeus-Président faisait son spectacle inconvenant. 
Une vraie peau de banane sous les pieds d’un président de la République qui avait bien repéré cette lobbyste parmi ses propres députés. 
Reste que le rapport est éloquent et précis. Ainsi le troupeau de hiérarques s’agrandit de jour en jour. 
Le dernier est un sacré bœuf gras qui revient dans le pré : Michel Field qui devient donc le chef du pôle culture du Royaume de France Télévisions ! 
Ah la proximité avec une reine peut rapporter gros ! 
Et tiens une femme nommée directrice régionale à Saint-Pierre- et- Miquelon. 
Ce coin de France en Amérique comme disent les inspirés…
Pour France télévisions, il faut sortir vos calculettes : une station de 90 personnes payées comme 150 avec 17 journalistes payés comme 30 pour un territoire de 6034 habitants, spectateurs putatifs. On y nomme une directrice régionale qui ne connaît rien au métier, n'étant passée que par la Guyane et un peu la Polynésie…C’est un galimatias… 
Mais si on fermait la station ? avec juste un peu de radio et un peu de télé locale, disons 10 personnes en voyant large. Sacrée économie de 20 millions d’euros à peu près. Surtout que l’archipel, recevant déjà la TNT et les 300 chaînes américaines et canadiennes, francophones ou anglophones, vient de se voir greffer un énorme ombilic numérique qui le relie au Canada. L’internet va être moins cher et cent fois plus puissant !
A l’autre bout du monde … A Wallis-et- Futuna...
C’est rigolo d’avoir une station là-bas. 
Moins au regard des finances de France Télévisions et de la réalité ethnique et coutumière. 10 000 habitants sur les deux îles distantes d’une demi-heure d’avion. Mais 18000 wallisiens en Nouvelle-Calédonie, 5000 à Tahiti et 10000 en France… la station a un budget d’une vingtaine de millions et paye une centaine de salaires comme 200 puisque l’indexation est à 100 pour 100. 
Dites ! on ne pourrait pas faire quelque chose ? Bon l'un des directeurs, sorti de deux ans d’arrêt psychiatrique, voit la vie en rose. En son temps, il avait voulu interdire le français et imposer le wallisien comme langue de travail dans la station.
Pourquoi ces exemples ? Parce que c’est ahurissant d’entendre Françoise Nyssen, Ministre de la Culture, citer les stations ultramarines des Premières, dont celle de la Guyane, comme des exemples organisationnels pour tout France Télévisions. Alors que ces petits dinosaures ont échappé à l’évolution de l’audiovisuel public parce qu’ils étaient dans des îles et n’avaient aucune perspective future puisque leurs budgets sont dépensés en salaire… mais bon…
La Reine Folle a décidé que ces stations jurassiques étaient à la mode. 
Et tout le monde embraye jusqu’à envisager une votation, un référendum populaire pour sauver France Ô ! une chaîne qui coûte une cinquantaine de millions par an et qui n’a aucun public !
Au fait pourquoi sauver des chaînes publiques pas regardées ? 
Même les parlementaires lobbysés veulent sauver France 4 ? 
Tout simplement parce que cela intéresse les producteurs ! Dans un montage financier pour une émission ou un documentaire, si une chaîne de la TNT s’engage à commander et diffuser un « produit », le documentaire ou l’émission devient éligible aux aides du CNC et là ! bingo c’est le jackpot ! 
On peut quasiment produire un dessin animé, une émission de stock, un documentaire, au frais du contribuable et le revendre sur des marchés internationaux au bénéfice du producteur et avec les droits d‘auteur…
Bon la chaleur augmente ! 
Le peuple des 10 000 habitants du royaume de France Télévisions va s’occuper de ses affaires, de ses congés d’été. Et il va observer comment France 3 se dégrade en région. 
Tiens cela tousse en Nouvelle-Aquitaine…*
Le conseil régional s’aperçoit que pour 100 000 euros par mois, somme ridicule en matière d’audiovisuel, il n’a pas une télévision de plein exercice qu’il pourrait diriger comme le lui avait promis la sulfureuse directrice. Celle-là même qui avait monté une agence immobilière clandestine dans sa résidence de fonction directoriale à Mayotte ! 
Bon, côté direction de France Télévisions, on commence à s’inquiéter. Une mission d’experts va aller dans la quiétude bordelaise examiner les tenants et aboutissants de cette chaîne de la Nouvelle Aquitaine, surnommée Arnaq -TV par les conseillers régionaux ! 
Une première et un rêve : une directrice régionale poursuivie au pénal par la direction de France Télévisions pour avoir vendu quelque chose qui n’existe pas...Mais cela ne s’appellerait- il pas une escroquerie ? 
Ah lalala tout s’agite,la Reine Folle de France Télévisions devient pâle et ses lèvres sont un trait de rasoir…
La Reine dirige avec son immense et inutile aristocratie de directeurs divers et variés. Les autres courbent la tête ou prennent le maquis. L’ombre s’étend sur le Royaume.
Aristote me chuchote à l’oreille : » Quand tu m’as demandé ce qu’est l’espoir, Je t’ai répondu : Le Rêve d’un homme éveillé ! »

Je ne dors pas.

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