24 avril 2018

Propositions pour l'Audiovisuel Public par la SCAM (droits d'auteur)

La Société Civile des Auteurs Multimedia, société chargée de récolter et de répartir les droits d'auteurs des journalistes ou réalisateurs vient de faire une série de propositions concernant l'Audiovisuel Public. Extraits :
LA SCAM S’INSCRIT DANS LA RÉFLEXION LANCÉE PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE SUR L’AVENIR DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC. LES DOCUMENTARISTES
ET JOURNALISTES DE LA SCAM QUI TRAVAILLENT POUR L’AUDIOVISUEL PUBLIC ONT QUELQUES IDÉES À PARTAGER…
LA SCAM CHERCHE À RENFORCER L’AUDIOVISUEL PUBLIC POUR LUI DONNER LES MOYENS D’ÊTRE À LA HAUTEUR DES ENJEUX FUTURS LIÉS EN PARTIE
AUX PROFONDS BOULEVERSEMENTS QUE LE NUMÉRIQUE A ENGENDRÉS DANS LES USAGES ET À L’ÉMERGENCE D’ACTEURS SURPUISSANTS COMME NETFLIX OU LES RÉSEAUX SOCIAUX.
LA CONTRIBUTION DE LA SCAM NE VISE CERTAINEMENT PAS À CRITIQUER TOUS AZIMUTS UN AUDIOVISUEL PUBLIC QUI POURSUIT LES MISSIONS QUI LUI ONT ÉTÉ ASSIGNÉES DANS UN CONTEXTE DIFFICILE, CRITIQUES PARFOIS D’UNE
VIRULENCE EXCESSIVE ET QUI FONT CRAINDRE UNE VOLONTÉ MORTIFÈRE, CELLE DE RÉDUIRE LE SERVICE PUBLIC À LA PORTION CONGRUE.

L’audiovisuel public est une voix indispensable pour une démocratie. Son information, son imaginaire et tout autant son patrimoine ne peuvent pas être cédés à de seuls intérêts privés et à des algorithmes ayant pour objectif la rentabilité à court terme. Il doit se singulariser.

Des budgets doivent être sanctuarisés pour le documentaire, l’information
et le décryptage de l’actualité, qui représentent une mission essentielle. Sont concernés ici les citoyens mais aussi les futurs citoyens que sont les jeunes publics, soumis à toutes les influences. Seul le service public peut faire face aux coûts, aux temps d’enquête et
aux pressions dont ont souvent l’objet les journalistes.

L’atomisation et la segmentation des audiences doit conduire France Télévisions
à repenser son offre éditoriale. • France 2 doit rester une grande chaîne populaire
mais resserrée autour de thématiques fortes (reprenons pour cela le qualificatif de « multithématique » qui, en radio, a succédé à celui de « généraliste »).

France 3 doit redevenir la chaîne des régions, sinon sous la forme d’une association de télévisions régionales ou du moins par l’accroissement substantiel des programmes régionaux et d’une forte synergie.
France 5 doit fermement s’ancrer dans l’action culturelle et éducative. France Info, une alternative de qualité parmi les chaines d’information en continu, doit se doter d’une réelle visibilité. La Scam ne se prononce pas sur le sort de France 4 d’une part et
de France O d’autre part, mais tient à faire valoir son attachement à la capacité de France Télévisions de s’adresser à tous les citoyens de ce pays.

D’après le bilan 2017 de Médiamétrie, les programmes TV représentent 91 % de
la totalité de la consommation vidéo sur tous les écrans (TV, tablettes, ordinateur, téléphone) loin devant la VOD/SVOD et les autres types de vidéos.

Que le Président Macron fasse donc ce que le Président Sarkozy n’a pas eu le courage de faire après l’avoir pourtant promis :
une réforme d’ampleur de l’assiette de la contribution à l’audiovisuel public, qui doit s’accompagner de la disparition de la publicité de marques sur toutes les antennes publiques, en compensant sur plusieurs années le manque à gagner. Sans cela, la
question des missions et d’une politique de l’offre ne sera jamais réglée complétement. Le parrainage des émissions après 20 h est un détournement de l’esprit
de la loi. Ni le parrainage, ni la publicité ne doivent avoir place entre 20 h et 23 h.
C’est la condition sinon suffisante du moins nécessaire pour qu’en termes de missions, France Télévisions cesse d’être « assise entre deux chaises », celle de la publicité liée ipso facto à la recherche d’audience et celle de la CAP synonyme d’indépendance.
Rappelons-nous une publicité de France Inter qui annonçait fièrement « Écoutez la différence ! ». Cette différence consistait notamment dans une antenne vierge de publicités.
La BBC produit elle-même énormément de ses programmes alors que le système
français repose sur la protection d’une forte production indépendante. Néanmoins, il faut favoriser le développement des coproductions entre France Télévisions et les producteurs et faire en sorte que les diffuseurs soient véritablement intéressés,
avec les producteurs, à l’exploitation des œuvres au-delà d’une primo diffusion et trois ou quatre rediffusions. La télévision publique doit être en mesure
de développer la cession des programmes qu’elle diffuse et qu’elle en retire des recettes significatives.
43 000 auteurs, réalisateurs de télévision et radio, écrivains,
journalistes, photographes, dessinateurs, vidéastes…
112 millions d’euros de droits d’auteur

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