04 mars 2018

Sosthène : de l’Amour et de la Chasse à courre



Le vent est moins glacé sur la montagne et les chèvres sortent à nouveau. 
J’en profite pour lire, et je suis admiratif, les descriptifs de la Cité de Milet en Ionie. Celle que chanta Phrynicos dans sa tragédie sur la victoire athénienne. 
La particularité de la ville est qu’elle a été construite bien droite, avec des quartiers bien identifiés et qu’elle fut dirigée par la Boulé, le conseil élu …Et cela donne à réfléchir…

Tenez, dans le royaume de la Reine de Pique, France Télévisions, on va mettre en place de nouvelles instances représentatives du personnel : le conseil social et économique. Une sorte de Boulé…sans jeu de mots !

Il va y en avoir 1 pour France Télévisions Paris, 1 pour France 3, et 10 pour les outremers..

La bataille est engagée, car tous les syndicats s’ingénient à contrebalancer le nombre d’élus beaucoup moins important. Donc chez ces organisations syndicales, enfin la plupart, on calcule, on négocie en secret, on magouille avec les RH et DRH pour tenter de garder des moyens, bureaux, voitures, voyages, budgets et raconter quand même qu’on est là pour le bonheur des salariés et leur défense. 
Pathétique…
Entre organisation crypto-communiste prête à tout pour préserver sa prébende et celle-là, minoritaire, dirigée par un chroniqueur hippique des Provinces de l’Est, la farce tourne au tragique.

En attendant, l’Audiovisuel Public va bien… 
Radio France survit sans la tête et peut attendre un président. 
France-Media Monde n’a pas tremblé sur ses bases quand sa « présidente » s’est absentée pour raisons administratives… 
L’INA va bien somme toute… 
Il reste France Télévisions qui assure le spectacle d’une farce qui vire aussi au drame. 
La Reine est enfermée dans sa tour et a placé toute sa confiance dans un connétable mercenaire, grec aussi, des programmes qu’elle a engagé à coups de deniers et de drachmes. 
Car il en fallu supprimer des ETP à 2500 Euros par mois dans toutes les stations, les cités, les chaînes, pour financer un seul salaire à quelques dizaines de milliers d’euros ! 
Ce connétable sera le patron des chaînes…
Enfin, toutes sauf France Ô. 
La direction des antennes des outremers serait donc confiée, sans publication, à une dame autrefois connue pour s’être dévoilée entièrement dans une revue de charme. 
Elle avait 22 ans…Ce qui peut être un bon critère pour recruter un cadre. 
Après tout, il y a des DRH qui sont aussi connus pour avoir dansé en bas et porte-jarretelles devant de jeunes légionnaires, sur les tables d’un club de nuit tropical très grec…

Les critères de choix importent peu pourvu que la tâche soit remplie et qu’il y ait de l’Amour... 
Enfin chez nous les grecs, nous avons quatre mots pour l’Amour. 
Là, il s’agirait plus de l’Agapé, l’amour divin, désintéressé, universel, que de l’Eros ou du Storge…
Mais voilà la Dame qui prend les rênes des programmes ultramarins n’aime pas l’outremer. 
C’est un cloaque ! a-t-elle asséné à de nombreuses reprises. 
On aurait pu également lui reprocher sa méconnaissance totale des outremers mais heureusement elle vient de passer deux semaines en palace étoilé à Tahiti suivi d’un long séjour de quatre jours à Nouméa…
Voilà qui va lui faire tâter la réalité sociale des outremers et lui permettre d’orienter les achats de programmes avec une connaissance sociologique très fine des populations ultramarines ! 
Il est vrai qu’elle fut déléguée CGT. 
L’accession à un poste à responsabilité est toujours émouvante quand elle est due à des qualités et des succès…
Bon on oubliera certainement que la globalité des programmes de France Ô produite par le service de la dame est restée dans la tranche des Zéros pour cent d’audience de la télé nationale de service public !

La Reine de pique, pendant ce temps, planche sur le mémoire qu’elle doit remettre aux alentours du 20 mars à la Ministre de la Culture. 
Une ministre qui opinera du chef gravement pour remercier cette Reine-là de la richesse et de l’originalité de son projet pour l’audiovisuel public. 
Puis elle se dirigera sous les ors républicains, vers cette commode dans le secrétariat, juste à gauche, pour y classer le dossier dans le troisième tiroir en partant du bas. 
Il est vrai aussi, et cela n’échappe pas à l’esprit de la Ministre, que la maréchaussée enquête sur la prise de pouvoir de la Reine folle…Et que l’enquête progresse !

En attendant, à France Télévisions pour se distraire, comme toute oligarchie qui se respecte, les DRH organisent leurs loisirs. 
Dans la France d’autrefois, la noblesse organisait des chasses à courre. 
Là ce sont des chasses aux journalistes. Toulouse, Limoges, Rouen et maintenant Malakoff… 
Les DRH affichent sur les murs les têtes empaillées des journalistes qu’ils font tomber et virer. 
C’est le complexe Erdogan , du nom d’un sultan turc qui haïssait la presse.
A Rouen, le directeur régional a fait plaisir au mamamouchi socialiste local et fait virer un journaliste pour des raisons fallacieuses. 
A Malakoff, une sommité journalistique, ancien rédacteur-en-chef des journaux du matin de RTL, débauché à prix d’or et depuis quinze ans, maintenu en état léthargique dans un placard sans qu’on lui confie la moindre mission, est prié d’accepter son licenciement pour faute grave, pour avoir exercé ses talents ailleurs, à l’imitation de grands et petits journalistes sportifs ou non de France Télévisions qui le font ouvertement chaque week- end. 
Le plus drôle, pour arriver à monter un dossier, la direction de l’information et celle des ressources humaines ont lancé une enquête sur la vie privée du journaliste…
En l’occurrence, ses occupations en dehors de ses heures de travail. 
Voilà qui sent le tribunal correctionnel pour quelques cadres.

Ben oui, la différence entre la chasse à courre et la chasse aux journalistes, c’est que dans le deuxième cas, le journaliste peut redevenir un grand fauve !


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