05 mars 2018

Rémunération du Pdg du futur ORTF : l'article de R. Revel

Faut-il revaloriser les rémunérations des principaux dirigeants de l'audiovisuel public, à commencer par celle du PDG de France Télévisions? 
Oui, estime-t-on dans l'entourage d'Emmanuel Macron, à l'Elysée, où la question du salaire est posée pour ce "super-PDG" qui devrait avoir la responsabilité d'une entreprise de quelque 15.000 salariés (rassemblant France Télévisions, Radio France, France Média Monde et l'INA). 
Objectif de l'exécutif : rendre attractif ce poste pour des managers du privé. Crainte exprimée du côté des pouvoirs publics : que l'on ne se bouscule pas dans l'univers de l'industrie, des affaires, voire de l'audiovisuel privé, pour venir briguer un poste jugé à hauts risques et faiblement rémunéré.
Ainsi, des 14 PDG qui se sont succédé, depuis 1977 à la tête d'Antenne 2, puis de France 2 et pour finir, de France Télévisions, seule l'actuelle présidente Delphine Ernotte, vient de l'entreprise privée (Orange). Les précédents – de Marcel Julian à Rémy Pflimlin – étaient journalistes, patrons de groupe de presse de taille moyenne ou issus de la haute fonction publique.

Des émoluments "modestes" comparés au privé


Mais que gagnent les principaux dirigeants de l'audiovisuel public en Europe? La rémunération de Delphine Ernotte à France Télévisions a été calquée sur celle de son prédécesseur, Rémy Pflimlin (400.000 euros annuels). Soit davantage que ses voisins de l'ARD et de la ZDF en Allemagne (360.000 euros), de la RAI en Italie (340.000 euros) ou de la RTBF, en Belgique (240.000 euros). En Grande-Bretagne, en revanche, le PDG de la BBC (17.000 salariés), Tony Hall, perçoit un salaire annuel de 700.000 euros.
Quant aux salaires des principaux dirigeants de chaînes publiques en France, ils varient. Marie Christine Saragosse (France Médias Monde) perçoit ainsi une rémunération annuelle de 260.000 euros, Véronique Cayla (Arte France) de 255.000 euros, Mathieu Gallet (le PDG démissionné de Radio-France) de 222.000 euros et Yves Bigot (TV5) de 190.000 euros.
Ce sont là des émoluments "modestes" comparés à ceux de l'audiovisuel privé. Les sommes perçues en 2016 - derniers chiffres publics - par les PDG de TF1 et de M6, Gilles Pélisson et Nicolas de Tavernost, s'élèvent respectivement à 1,33 million et 2 millions d'euros, part variable incluse. Quant à l'ancien directeur général de Canal+, Rodolphe Belmer, dont le nom est cité (parmi d'autres), pour prendre la tête de cette future présidence commune, il touche [[aujourd'hui]], au poste de directeur général de l'opérateur de satellite, Eutelsat, 625.000 euros par an. L'Etat va donc devoir faire un effort s'il veut attirer des managers de ce profil. Du côté de Bercy, on a sorti les calculettes.
Par Renaud Revel

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire