29 mars 2018

FTV vs TF1


France Télévisions qui se voulait la chaîne du rugby a perdu la Coupe du Monde.

Triste pour le service public...

Voilà qui fait les affaires du groupe Buygues qui annonce en fanfare le renouvellement de son
partenariat avec WorldRugby pour la coupe du monde de rugby de 2019 au Japon. 

Pour rappel,la France organisera en 2023 la Coupe du Monde.

28 mars 2018

Canard Enchaîné : la conseillère Com de Macron continue à faire des siennes ...


De nouveau, la conseillère Presse de Macron, fait la leçon aux journalistes.
Vous savez, ceux qu'elle traitait de "sagouins" pendant la campagne présidentielle
après avoir déclaré que pour elle, mentir à la Presse ne lui provoquait aucun état d'âme. La responsable de la Com du Président de la République, Sibeth Ndiaye avait montré par ailleurs son esprit de synthèse et son sens du raccourci classieux avec ce SMS " la meuf est dead" pour annoncer le décès de Simone Veil...


D'après le Canard Enchaîné qui y consacre une demi-page, rien ne va plus entre l'Elysée et la Presse accréditée, mises à la porte !


27 mars 2018

Je Suis Sosthène !



L’audiovisuel Public est un marécage et le Styx, fleuve de haine, l’approvisionne en âmes perdues. 
Parfois je me vois en Charon
faisant avancer la Barque des Morts, prenant la redevance audiovisuelle dans la bouche de la Reine Ernotte pour la conduire au centre du marais infernal …
Puis je me réveille et je constate que parfois le cauchemar vaut la réalité. 
Ici dans le Royaume de France Télévisions, sur les bords de Seine, la Reine des amazones, pour conforter son pouvoir crée une police secrète. 

Elle souhaite engager une haute fonctionnaire de police, très grassement rétribuée, pour lutter contre la criminalité et la cybercriminalité à France Télévisions. 
Ben voyons. 
Tout le monde sait que des bandes organisées assiègent les murailles de la forteresse et font régner la terreur dans les couloirs et les douves des stations. 
Tout le monde se doute que trafic de drogue et pédopornographie se glissent sous le manteau du DarkNet de France Télévisions ? 

A moins que, comme toute police secrète, celle-ci soit constituée pour se glisser, la nuit, dans les sessions des ordinateurs des ETP, dans les boîtes mails, dans les échanges téléphoniques… 
Et puis voila la Reine Ernotte se sent en sécurité avec un outil de lutte contre les méchants, les espions, les résistants. 

Traquerait-elle Sosthène ? 
Ce serait une surprise pour elle. Sosthène n’est- il pas ce gars qui change un néon dans son bureau ? 
Cette secrétaire qui tape le courrier ? 
Ce cadre administratif qui voit passer les factures de bouche ? 
C’est aussi ce journaliste d’une rédaction nationale, ce directeur de l’information, cette juriste à l’air pincé, ce monteur d’une station régionale, ce responsable de ressources humaines, ce voisin de bureau. 

Sosthène est un réseau de résistance à la veulerie, la bêtise, l’incompétence dans France Télévisions. 

Je suis Sosthène, comme vous l’êtes. 

Un seul objectif : faire savoir ce qui se passe sous la surface tranquille et pestilentielle du marécage, aux élus, aux parlementaires, aux citoyens, aux autres journalistes, aux conseillers, aux jardiniers et à Chantal qui paie sa redevance avec ses 600 euros de retraite…

Et là, la ficelle est énorme, engager une commissaire de police d’urgence comme si c’était une utilité pour un organisme qui fait de la télévision. 
Lui donner un salaire équivalent aux cinq derniers équivalents Temps Plein licenciés par les miliciens des Ressources Humaines ! 

Car, à France Télévisions, la schizophrénie est de bon ton.


On dénonce dans Envoyé spécial, les DRH sadiques qui licencient sans cause réelle et sérieuse et démolissent les entreprises.
Pendant ce temps, dans les rédactions de France Télévisions, des DRH miliciens, acoquinés à des cadres collaborateurs ex-journalistes tentent de virer à tout va des journalistes pour la moindre remarque ou peccadille comme des caissières dans n’importe quel supermarché ! 

Ici, c’est un grand reporter de Rouen accusé d’avoir fait une faute de conduite, sans contravention, viré à la demande d’un mamamouchi socialiste, ami du directeur régional. 

Là c’est un JRI qui renvoie à une entreprise, dans un colis, un objet prêté, que la Poste de Vanves perd et qui se retrouve licencié pour faute lourde. 

Ou ce journaliste, professionnel accompli et reconnu, qui meuble son placard en faisant de la formation professionnelle et en animant des colloques de chefs d’entreprises et de prix Nobel et qui se retrouvera peut-être viré, aussi pour faute grave par une Présidente-Reine de Pique, qui elle-même collabore à l’extérieur, sans autorisation du conseil d’administration, ou de l’actionnaire principal pour une société privée à des tarifs exorbitants ! 

On peut citer encore ce présentateur de Toulouse, viré parce que trop vieux ou ce journaliste rédacteur-en-chef de Limoges viré sans autre raison que de couvrir une directrice régionale totalement déficiente, connue pour ses agissements délirants ! 

Ce n’est plus France Télévisions ! C’est la Turquie ! 
Et la Reine de Pique prend des airs d’Erdogan, de pacha de la Sublime Porte à la chasse à tout ce qui porte une carte de presse et qui lève la tête ! 

Tout cela fera des procès que France Télévisions perdra à la chaîne ( c'est tellement prévisible que le budget est déjà abondé en conséquence ! )…

Mais qui demandera des comptes aux DRH, aux directeurs qui initient ces procédures foireuses et qui font perdre des millions d’euros à France Télévisions ? 

A part cela tout va bien dans le Royaume Perdu de France Télévisions…

Atmosphère fétide du Siège, stations régionales de France 3 au moral en berne dirigée par des patachons sans envergure. 
Un Pôle » outremers » où les directeurs se réunissent en concile, venant de toute la planète, tous les six mois. Cette fois-ci, c’est un peu le voyage traditionnel de retour des cloches de Pâques ! 
A l’inverse, le directeur de l’Information des outremers suscite toujours autant l’hilarité et l’étonnement à France Télévisions. 
Ses collaborateurs et lui-même préparent l’expédition de Novembre 2018 à Nouméa, 
Pour le Référendum d’autodétermination de la Kanaky. 

Au moins six semaines auparavant, tout ce que Malakoff compte de cadres journalistiques anonymes de la télé et de l’internet et souvent dépourvus de talents vont se retrouver bombardés spécialistes de la Nouvelle-Calédonie pour aller bronzer dans la Baie des Citrons et expliquer accessoirement aux bons canaques de la rédaction comment on travaille quand il y a un référendum de décolonisation ! 
Il sera certainement également très intéressant de dénombrer les équipes du Service Public qui couvriront l'événement : celle du Caillou évidemment, ils sont chez eux, France 2, France 3 National, France Ô ...

Voilà, des vacances bien organisées sur le compte de la Redevance et sans utilité réelle ! mais la gabegie continue !

Dans les outremers, entre préavis de grève dans le Pacifique, chute dramatique du moral et des audiences à la Réunion (mais hausse vertigineuse des emplois supprimés), les stations ruminent en attendant la Révolution jupitérienne. 

A croire que le seul endroit, où on réfléchit et où on travaille sur l’audiovisuel public d’outremer et d’ailleurs c’est cette zone imperméable entre Matignon et l’Elysée ! 

Il faut dire que du sommet de mes montagnes grecques à l’Olympe de Zeus, nous avons une belle vue dégagée sur ce qui se passe dans le grouillant marécage de l’audiovisuel public. 
Un truc qu’on peut envisager d’assainir comme Herakles-Hercule le fit en tuant l’Hydre de Lerne. 

Faire un truc qu’on a jamais fait depuis qu’il y a un audiovisuel public : couper toutes les têtes directoriales de l’Hydre, sans quelle repoussent ! Quelle économie !

26 mars 2018

Avec Ernotte, on sombre dans le royaume d'Ubu !



Alors qu'un journaliste d'une rédaction nationale attend la décision d'une Commission de Discipline au prétexte qu'il avait une collaboration extérieure, considérée comme " faute grave ", on apprend l'embauche d'une fliquette pour traquer la cybercriminalité à France Télévisions.*

Plusieurs observations :

-  il est surprenant qu'on veuille licencier  un professionnel, ( après avoir réalisé une enquête sur sa vie privée, par huissier, une initiative de la Direction de l'Information, révélée lors de la Commission de Discipline... ) pour une faute pour laquelle, à ce titre, il faudrait virer une dizaine de ses confrères et y ajouter la Présidente elle-même qui s'engraisse sans barguigner aux frais de Suez ! 
Le tribunal des Prud'hommes de Paris va se régaler.

-  depuis l'arrivée de Delphine Ernotte, ce sont des dizaines d'emplois qui sont supprimés, la plupart sans douleur car ce sont des non-reconductions de postes qui obèrent cependant le bon fonctionnement de l'entreprise. 

Ceci, parait-il, pour faire des économies...

- dans le même temps sont embauchées à prix d'or deux personnes dont nul ne met en doute leurs qualités mais qui, par leurs émoluments, représentent un bon nombre de ces fameux ETP ( emplois temps plein ) supprimés.
Cherchez l'erreur !

* pour information, le professionnel en question dispose de plusieurs courriers à ses différents "patrons" faisant état de ce travail réalisé à l'extérieur sans que, jamais, sa hiérarchie y ait trouvé à redire. Ce, à partir du moment où cela n'entre pas dans le champs de la concurrence.

21 mars 2018

Sosthène : la Réforme de l’Audiovisuel public repoussée aux Calendes Grecques !



Je suis comme la Pythie de Delphes. Largement intoxiquée par les fumées qui saturent la grotte de la pythonisse.
 Et pire : j’ai du mal à lire l’avenir. 
Que va faire Zeus et son aréopage de dieux pour réformer l’audiovisuel public ?

 Eux aussi ont l’air d’avoir avalé la fumée, voire des couleuvres.
D’abord la Réforme de l’audiovisuel public, du côté de l’Olympe Elyséen, on trouve cela précipité et le bouleversement pourrait bien attendre quelques mois. D’aucuns pronostiquent que la réforme de l’audiovisuel sera repoussée jusqu’à 2019…
Que c’est drôle de voir le gouvernement d’une Cité reculer devant la difficulté. Une réforme trop complexe, expliquent quelques énarques perdus. 
Mais parfois quand il y a un nœud, il suffit d’une épée tranchante et de décisions sans appel.
Bien sûr que l’audiovisuel public doit être réformé d’urgence. 
Bien sûr que cette réforme doit être étudiée et doit aller jusque dans les détails pour être crédible et honnête. 
Aussi quand je vois dans un quotidien du soir, la description d’une réforme emberlificotée dans ses contradictions et éloignée de tout principe simple, cela me met en colère. 
La réduction du périmètre par exemple : quels sombres intérêts de producteurs poussent les réformateurs élyséens et « matignonesques » à envisager de ne plus supprimer de chaînes ? 
Comment justifier qu’une chaîne de télévision de service public comme France Ô qui touche à peine 10 000 spectateurs sur 67 millions de français chaque jour, coûte rien qu’en programme une trentaine de millions d’euros, sans compter les frais de diffusion de production et les salaires…
Comment envisager que cette chaîne soit maintenue dans le paysage audiovisuel ?
Pas plus que France 5 ou France 4…ou France Info TV.. 
Alors des indiscrétions laissent penser que ces chaînes pourraient devenir des médias numériques : en clair passer sur internet ! mais c’est n’importe quoi ! D’abord parce que leur public sera encore plus confidentiel…
Pour les mêmes coûts de production ! et que la religion numérique de l’internet ne touche absolument pas la totalité des français. 
Imaginer que la diffusion d’images et de sons se fera entièrement sur tablette, smartphones et autre écrans miniatures, c’est oublier rapidement la Télé comme objet sociologique et familial, c’est ignorer les habitudes des français ! 
C’est privilégier une vision urbaine de la société. 
C’est oublier aussi que d’avoir internet coûte de l’argent à l’utilisateur. 
La location d’une » box », l’abonnement à un service téléphonique développé pour smartphone, tout cela coûte cher sur un salaire mensuel et familial de 1500 euros, de 800 euros…
la télé publique serait réservée à ceux qui peuvent se payer un abonnement…et aux lettrés !

Pour en revenir à cette réforme fantôme…
Les bruits les plus fous courent dans les couloirs élyséens et ce désordre incroyable des idées et des gens ne s’expliquerait- il pas d’une seule façon : il n’y a personne aux commandes de cette réforme ? 
Le ministère de la culture a été écarté et les conseillers de couloirs présidentiels sont pour la plupart incompétents en la matière ! 
Allons bon voila que Herakles est dans la salle d’attente, appuyée sur sa massue et réchauffé par la peau du lion de Némée. 
Mais comme tout le monde le sait entre Sparte et Athènes, une réforme qui attend est déjà caduque. 
Il va donc falloir espérer que Jupiter fasse avancer sa phalange et que la restructuration du service public de l’audiovisuel aille plus loin que l’hypothétique suppression collective de dix jours de congés par an et par salarié !

En attendant dans le château de la Reine Ernotte, on se gausse de l’Olympe élyséen. 
Le mercenaire grec qui dirige les antennes comme d’autre les cohortes, semble être un bon professionnel mais tant de chose échappent encore à la logique. Comme par exemple au Service des sports…
« Le sport n’est pas à prendre en compte pour nos antennes… » Ainsi s’est exprimé un des barons de la Reine folle. 
Oubliant sans doute que le match de rugby du samedi fait l’audience du week-end pour le service public. 
Oubliant aussi le Tour et Roland-Garros.
Il est vrai qu’on se prépare au Sports de France Télévisions. 

On se met en ordre pour les Jeux Olympiques. 
L’actuel directeur du service, ancien de TF1 puis de la société qui gère les droits des jeux, n’a pas l’air d’avoir envie que France Télévisions brille au firmament des sports. 
Il devrait trouver du travail dans son ancienne chaîne privée sans souci à l’approche des JO. 
Ils sont 146 salariés à se regarder quand même dans le service. 
Bon, quelques-uns sont partis. 
Le directeur des productions par exemple. 
Mais, pas de souci, le directeur actuel va le remplacer. 
Il s’imagine en avoir le talent inné.
Et tant pis si les erreurs qu’il fait sont dramatiques et coûtent un argent fou en productions ou reportages obsolètes parce que non-diffusés à temps. 
La machine du service des sports de France Télévisions est devenue folle. 
Une espèce de danse de Saint-Guy avant de mourir. 
Stade 2 est revenu, à la grande surprise générale…pour faire 5 pour cent de l’audience. 
Il ne restera plus qu’à la direction des antennes de proclamer que ce truc n’est plus utile pour le faire disparaître. 
Il y avait un petit gars d’Amiens, fondu de sport, qui est devenu une star du commentaire de vélo, sa passion. 
Cette étoile du Tour de France a été éteinte par ce directeur des sports. 
Il repart dans sa station d’origine…Une ville où Jupiter a grandi… Et le service se retrouve fort dépourvu.

La fumée de la Grotte d’Appolon a dû faire tourner encore d’autres têtes. Les candidats à la Présidence de Radio France ont été sélectionnés… 
Parmi les six, il y a une énarque ! 
On sait qu’un énarque à la tête d’un machin audiovisuel et radiophonique, cela donne une gestion administrative, réduite et peureuse…
Surtout quand toute la presse parisienne souligne le fait, comme une qualité incroyable, innée et acquise, qu’elle soit condisciple de Jupiter à l’ENA !!
Il y a des moments où cela peine fortement de voir les principes égalitaires de la République foulés aux pieds…
Mais dans la liste, il y aussi un formidable professionnel, ancien numéro 2 de Jean-Marie Cavada et qui connaît l’audiovisuel comme sa poche, y compris dans les confins !

Bien connaître l’audiovisuel n’est pas une mince affaire, c’est un métier, une vocation, un don ! 
Tenez : Moi ! En toute immodestie ! 
J’avais bien analysé, dis et prédis que France Télévisions fonçait dans une impasse en voulant consacrer ses efforts à devenir une entreprise de SVOD ! Comme Netflix ou Amazone, qui jonglent avec les dollars par milliards ! 
Et bien qu’apprend- t- on aujourd’hui ? 
Que la Reine Folle abandonne le projet SVOD de France Télévisions...
Après avoir dépensé une quinzaine de millions d’euros et embauché une vingtaine de personnes. 
Les caprices ont un coût. 
Mais là à France télévisions, tout le monde s’en fout ! 
Le gouvernement réformateur se détournant, la foire à NeuNeu va pouvoir continuer ! 
Les bacchanales du printemps se préparent à coup d’argent public !
Les Sports comme le reste de l’audiovisuel public, se perdent dans le doute et l’incertitude.
Et si, en plus, le gouvernement de la Cité hésite et temporise…L’audiovisuel public ne sera plus grand-chose. 
On peut quand même se demander à qui profite le crime ! 
Qui dont a intérêt à repousser une réforme urgente, logique et bienvenue…
Aux Calendes grecques !

FTV : la SVoD, c'est fini !



Il ne fallait pas être grand clerc pour se rendre compte que ce projet n'était viable en aucun point !
Depuis l'année dernière  l'ADAP l'annonçait. 
Comment rivaliser avec le financement énorme des sociétés américaines qui se chiffre avec 9 zéros. 
Même avec une association de sociétés de télévisions européennes. Beaucoup trop lourd !
France Télévisions dit " mettre en pause le projet ", en fait c'est un abandon pur et simple.

Présidence de Radio France : 6 candidats en lice


Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a retenu 6 candidats pour la succession à Mathieu Gallet à la présidence de Radio France :

Jérôme Batout, philosophe, économiste

Bruno Delport, Directeur Général TSF Jazz

François Desnoyers, ancien de Radio France, celui qui en connait certainement le mieux les rouages avec en sus une expérience de la télévision. Ce qui ne gâche rien au moment où l'on parle d'un rapprochement.

Guillaume Klossa, travaille sur France Inter, il est président du think tank européen EuropaNova et créateur des Etats généraux de l’Europe.

Christophe Tardieu, Inspecteur des finances, ex-directeur adjoint en 2007 du cabinet de l’ex ministre de la Culture et de la communication Christine Albanel. Il a l'oreille de l'Elysée.

Sibyle Veil, la seule femme ! Sciences Po, ENA, ancienne du cabinet de Sarkozy à l'Elysée, c'est la candidate interne à la Maison Ronde où elle exerce en tant que Directrice Financière. 

Figarovox : un article de Jacques Kirsner sur la création dans le Service Public

«La liberté de création a disparu de la télévision publique»

Selon le producteur Jacques Kirsner, la programmation des chaînes publiques est de plus en plus indigente. En donnant plus de libertés aux producteurs et en mettant fin à la centralisation culturelle, le service public pourra relever son grand défi : (re)conquérir les nouvelles générations.

Jacques Kirsner est scénariste et producteur de cinéma et de télévision. Son prochain long-métrage s'intitule La Sainte Famille, et sera diffusé sur France 2.


Crimes, meurtres, enlèvements, homicides, inspecteurs, policiers, détectives, gendarmes, sirènes hurlantes: France Télévisions est devenu le plus grand commissariat de police de France.
Refus des adaptations littéraires, des films historiques, du nécessaire travail de mémoire. Policiers. Il faut encore des policiers… Jamais les programmes n'ont été aussi pauvres artistiquement. De fait, la liberté de création a disparu. Balzac, Dumas et Maupassant n'ont qu'à bien se tenir. On craint même de les voir verbalisés d'un moment à l'autre par les directeurs de programmes…
Mais il y a plus inquiétant.
À Varsovie, on réécrit la Shoah, à Budapest, des milices défilent en hurlant des slogans anti-juifs, à Berlin, pour la première fois depuis la Libération, l'extrême droite a fait son entrée au Bundestag… La peste menace le continent.
Il faut désintoxiquer France Télévisions.
Imperturbable, France 5 a refusé un documentaire sur «La montée de l'antisémitisme en Europe». J'insiste: France 5 du service public…
Je me presse de rire de tout, disait Beaumarchais, pour ne pas pleurer.
Heureusement, il y a la gastronomie: déjeuners, dîners, festins, concours de pâtissiers, restaurateurs de tous les pays, restaurez-nous! À France Télévisions, on mange bien et à satiété: les chefs étoilés ont remplacé les auteurs, qu'importe… Je pourrais évoquer l'indigence des émissions culturelles mais on penserait que je cherche noise.
Une nouvelle direction des programmes vient d'être installée. À elle de résoudre ces problèmes. Il y a urgence.
Le gouvernement prépare un projet de loi sur l'audiovisuel. Avant les organigrammes - et Dieu sait qu'ils sont complexes à France Télévisions ou à Radio France -, le mécano général, il faut régler le financement du service public. C'est la question déterminante. Les principes, disait Napoléon, sont comme les baïonnettes, on peut tout faire avec sauf s'asseoir dessus. Il y a longtemps, la gauche militait pour un service public sans publicité: elle a fait le contraire.
Or, il faut désintoxiquer France Télévisions: supprimer totalement la publicité. Nicolas Sarkozy a fait la moitié du chemin, il faut terminer le travail. Publicité pour les chaînes privées, redevance pour France Télévisions! Le marché d'un côté, le service public de l'autre.
Il suffit d'élargir la redevance, comme en Allemagne, aux objets numériques, pour assurer un financement pérenne. Évidemment, l'argent de la redevance doit se traduire par une ambitieuse politique des programmes. De l'audace. La redevance se mérite. Comme en Suisse, les citoyens exigent un service public digne de ce nom. Ils ne paieront pas pour voir la même chose que sur les chaînes privées.
Il faut également procéder à l'inventaire des médias publics. Une chaîne d'information, France24, Euronews, TV5, LCP, Sénat, sans oublier Arte qui édite le meilleur journal d'information, et j'en oublie… N'est-il pas possible de simplifier? Depuis le lancement de la TNT quatre directions se sont succédé à France Télévisions. Aucune, je dis bien aucune, n'est parvenue à définir une identité durable pour chaque chaîne du groupe. Ce n'est pas une faute collective, c'est un symptôme…
France Télévisions est ingouvernable. Tous ceux qui en ont assumé la présidence le savent mais ne peuvent pas le dire. Une nouvelle ORTF serait un remède pire que le mal. Le monde a changé. Le numérique offre des possibilités révolutionnaires. À la centralisation, au verticalisme on peut substituer des rapports rapides, horizontaux, des circuits courts. Les métiers culturels appellent de petites structures, au plus près des acteurs. De la réactivité.
Enfin, la télévision a un défi majeur à relever: reconquérir les nouvelles générations. C'est une question de survie: France 4 peut, doit devenir la chaîne de la jeunesse scolarisée et des quartiers: 15 millions de jeunes attendent cet outil. Ils inventeront leurs fictions, leurs musiques, exprimeront leurs aspirations. Le champ des besoins est immense. Le succès garanti. La modernité à la télévision passe par les nouvelles générations.
Il faut abandonner la Ligne Maginot des certitudes, des habitudes, prendre l'initiative, faciliter la circulation des œuvres.
Il faut également créer une commission soutenant les projets ambitieux, à l'image de la commission d'avance sur recette pour le cinéma. Financée par un minuscule pourcentage prélevé sur les budgets, cette initiative ne coûtera pas un centime à l'État. Bref, il faut innover, inventer.
Ces quelques mesures feront florès: l'arrivée de grands groupes audiovisuels étrangers va bouleverser le paysage culturel. Déjà, jour après jour la pratique des spectateurs change. Il faut abandonner la Ligne Maginot des certitudes, des habitudes, prendre l'initiative, faciliter la circulation des œuvres, modifier la chronologie des médias.
Le dernier quinquennat a vu se succéder trois ministres de la culture!... Nous avons tous en mémoire cette incroyable séquence: sur le perron de l'Élysée, le Président et son premier ministre conseillent au nouveau ministre de la culture d'aller aux spectacles, de répéter aux artistes son amour, de solliciter les anciens ministres pour trouver des idées… Malraux, réveille-toi, ils sont devenus incultes!
L'actuelle ministre de la culture dit blanc un jour, noir le lendemain et rien le troisième ce qui est peut-être encore le mieux. Où est la cohérence, la volonté politique, l'incarnation?
Ma patrie, écrit Albert Camus, c'est la langue française. Parlée par deux-cent-soixante-quatorze millions de locuteurs, sur tous les continents, le français permet notamment d'être à l'offensive pour coproduire des programmes de qualité.
La mutation de la télévision publique doit réussir. Il y a urgence.

20 mars 2018

Le Monde Economie : réforme de l’audiovisuel public : "les scénarios du big bang"



A croire que tout le monde lit l'ADAP. Les dispositions présentées sont celles que nous préconisons depuis des mois !

Les architectes des réformes tentent de donner corps aux volontés de changement du président de la République, qui a en décembre qualifié l’audiovisuel public de « honte », sans toutefois proposer de remèdes très précis. 
Pour se guider, la majorité s’appuie sur une idée du candidat Macron : le « rapprochement » entre France Télévisions, Radio France et les autres entités de l’audiovisuel public. En entrant dans le détail, les réformateurs mesurent aussi les difficultés posées par ces chantiers. Revue de détail des pistes de changement, dont certaines doivent être traduites dans la loi audiovisuelle prévue pour début 2019.

  • Proximité et local
Renforcer l’audiovisuel public au niveau local s’est imposé au fil des mois comme un des chantiers jugés les plus prioritaires. 
Le principal levier identifié par les dirigeants et la ministre de la culture, Françoise Nyssen, est la collaboration entre les employés régionaux de la télévision France 3 et de la radio France Bleu. Mais selon quelles modalités ? La piste de créer des structures locales communes ne semble pas retenue.

En revanche, les entreprises veulent créer ensemble des programmes régionaux, par exemple, une matinale diffusée en radio et en télévision. Ou des émissions sur l’emploi ou l’environnement, annonce le directeur de la stratégie et des programmes de France Télévisions, Takis Candilis, qui met en avant la fonction de « service » de France 3. D’autres aimeraient aller plus loin en mettant en commun les supports numériques locaux de France 3 et France Bleu, mais le sujet est sensible.

L’exécutif a une volonté de « régionaliser » davantage France 3, qui reste une chaîne nationale avec 10 % environ de programmes régionaux, produits et diffusés par l’une des 24 antennes locales. 
Ces derniers pourraient être augmentés. Mais cela poserait la question des conséquences sur la partie nationale de la chaîne, qui génère de fortes audiences et finance de nombreuses fictions et documentaires de France Télévisions.

  • Culture et jeunesse
L’exécutif a désigné deux autres domaines à renforcer, en associant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI…), l’Institut national de l’audiovisuel ou Arte : il s’agit de la culture et de la jeunesse. 
A ce stade, les échanges prévus sont moins ambitieux qu’au niveau régional. Sandrine Treiner, la directrice de France Culture, et Michel Field, de France Télévisions, travaillent sur une offre culturelle numérique commune. La volonté est moins de produire de nouveaux contenus que de mieux exploiter les programmes existants, par le biais du numérique.
Côté jeunesse, Radio France met en avant sa radio Mouv, et France Télévisions sa nouvelle plate-forme Slash.tv. Leurs collaborations doivent être renforcées mais Slash vise les 18-30 ans, alors que Mouv cible un public un peu plus jeune, par le biais des cultures urbaines. 
Enfin, les sociétés d’audiovisuel public devront unir leurs forces dans l’éducation aux médias et la lutte contre les « fausses nouvelles ».

  • Diffusion de chaînes en numérique
Faut-il supprimer des chaînes ou diffuser certains médias uniquement par le biais du numérique, pour faire des économies ? C’est ce que suggérait début novembre un « document de travail » du ministère de la culture. Aujourd’hui, la fermeture de France Ô, la chaîne des outre-mers, semble écartée. Mais l’idée de ne plus diffuser certains médias par les canaux traditionnels reste en débat au sein de l’exécutif.
Cette diffusion 100 % numérique concernerait-elle France 4, la chaîne pour enfants sans publicité, France 5, la chaîne de la connaissance, ou Mouv, la radio des cultures urbaines ? Le débat porte aussi sur l’opportunité d’un tel changement, le montant des économies générées restant à évaluer.

  • Droits et régulation
La loi annoncée par l’exécutif pour début 2019 doit concerner tout l’audiovisuel. Le changement de certaines règles aurait des conséquences à la fois sur les médias privés et publics. Ainsi, dans les relations entre producteurs et chaînes, certains plaident pour donner davantage de droits aux chaînes.
Ils s’étonnent que des séries françaises phares, comme Dix pour cent, de France 2, soient disponibles sur une plate-forme américaine comme Netflix. D’autres veulent rallonger la durée du visionnage de rattrapage, souvent limitée à sept jours. Ces changements visent à aider les diffuseurs comme France Télévisions, qui souhaitent faire émerger des plates-formes numériques pouvant rivaliser avec les américains Netflix ou Hulu. Mais réformer le secteur de la production est délicat.
La réforme se penchera aussi sur la publicité, avec l’idée d’en assouplir les règles. France Télévisions ou Radio France pourraient-ils en tirer davantage de recettes ou risquent-ils de voir encore réduite la place de la publicité sur leurs antennes ?

  • Gouvernance et nomination
Comment « rapprocher » les structures de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde ou l’INA ? L’idée d’une « fusion » des sociétés, jugée lourde et coûteuse, a rapidement été écartée par l’exécutif. La piste d’une « holding » – une entité qui chapeauterait les différentes structures et regrouperait des fonctions transverses comme les ressources humaines – a été évoquée à l’automne, mais n’a pas fait l’unanimité.

Plus récemment a émergé l’idée de nommer un président commun aux différentes sociétés. Le principe est défendu par Mme Nyssen. Ce poste « non exécutif » coifferait des « directeurs généraux » placés dans chaque entreprise. Toutefois, le pouvoir réel de ce superdirigeant reste à établir. Et cette proposition n’a pas encore été arbitrée par l’exécutif.
L’idée soulève une autre question : qui doit nommer les dirigeants ? 
M. Macron veut retirer ce pouvoir au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour le confier aux conseils d’administration des entreprises. Mais comment faire dans le cas d’une présidence commune ? 
La nomination serait-elle faite par l’exécutif, avec confirmation des commissions des affaires culturelles du Parlement, selon la méthode mise en place sous Nicolas Sarkozy ? Ou créerait-on plutôt une commission de nomination ad hoc ? 
Ce point reste à préciser. Il intéressera sûrement les candidats qui briguent la présidence de Radio France devant le CSA, appelé à désigner le successeur de Mathieu Gallet, le 14 avril.

19 mars 2018

France 2 : l'Emission Politique" encore en baisse


La Direction de France 2 devra peut-être tirer des leçons des scores régulièrement en baisse réalisés par Léa Salamé dans l'émission politique.
On peut aimer ou pas Pujadas, les entretiens avaient une autre tenue.
Avec un ego surdimensionné et une volonté de se mettre en avant systématiquement, cela finit par hérisser le téléspectateur  et donc par voie de conséquence, cela se ressent dans les sondages...

14 mars 2018

Audiovisuel Public : une réforme toute proche









Il semblerait que tout se décante peu à peu
.
Par un certain nombre de fuites (organisées ?), on apprend que c'est vers la fin avril que devrait apparaître l'ébauche de ce que ce sera le nouvel audiovisuel public.

La Ministre de la Culture Nyssen a été mise sur la touche. 
Tout se décide entre Matignon et l'Elysée, notamment sur le statut de l'énorme machine : holding ou restructuration dans un groupe ?

Ce qui est certain, c'est d'ores et déjà la certitude d'une restriction des périmètres qui passera par la suppression d'une ou plusieurs chaînes.
Certain aussi le fait qu'il y aura un rapprochement des fonctions "support" selon la terminologie en vigueur.

Plus rien ne marche dans ces grosses boutiques : des patrons par intérim qui ne peuvent pas prendre de décisions engageant leur société sur le long terme. 
Des directeurs et des chefs de service qui sont dans l'expectative. 
Une Pdg de FTV qui se débat dans une actualité qu'elle ne maîtrise plus et dont elle est le centre (voir le papier dans Capital ce jour).

Ce qui est palpable toutefois dans toutes ces entreprises de l'audiovisuel public, c'est l'attente, avec impatience, de cette réforme par les personnels !