19 juin 2017

Sosthène: France Télés , c'est la Grèce!


ll y a du soleil sur ma montagne grecque et les Dieux me semblent très affairés ces temps-ci.

 J’ai vu passer Hermes, le dieu-messager de Zeus, enfin de Jupiter, il portait plusieurs dossiers dans les rédactions.

 D’abord, il y en a eu un, publié dans quelques journaux : « faire de l’audiovisuel public une seul et grande structure » c’est le projet du président de la République parait- il. 

Il faudrait que j’aille consulter la Pythie pour savoir si c’est vrai…
Par contre ce qui est vrai c’est le « Ernotte Bashing » de ces temps-ci…

Le magazine l’Express publie un dossier de quatre pages qui accable la présidente de France Télévisions. 

Le Figaro s’y met également en réclamant des dirigeants "ayant du talent pour la télé publique" et même Rock’nFolks qui sort un petit dossier accablant sur la Dame de Pique comme on l’appelle dans les étages de France Télévisions, allusion à ce personnage de Lewis Carroll dans Alice aux pays des merveilles qui hurle « qu’on lui coupe la tête » à chaque fois qu’un personnage lui déplaît…

C’est vrai que c’est le cas de Delphine… 
Parce que sans être complotiste, ces dossiers qui sortent à répétition dans la presse : cela ressemble à une opération concertée. 

D’autant plus que, cette fois-ci, les nouveaux députés auront pris connaissance dans les news magazines de la situation complètement folle de France Télévisions et l’énorme responsabilité de Delphine Ernotte dans ce crash industriel qui touche l’Etat au portefeuille. 

Et un député informé, c’est un député qui travaille à mettre sur pied une nouvelle Loi sur l’Audiovisuel proposée par le Ministère de la Culture, à la demande du Président de la République…

Et puis, le sujet «Ernotte » est indéfendable car les faits sont avérés et aboutissent à une conclusion commune : la Reine de France Télévisions a un réel déficit de compétence, c'est  
dramatique pour une société de dix mille salariés et de trois milliards d’euros de budget et il faut faire quelque chose rapidement. 

Manifestement, il n’y a plus personne à la barre, et pour reprendre la main sur l’énorme paquebot de France Télévisions, il faut bien deux années de travail acharné, car comme tous les gros bâtiments, FTV a une erre qui se prolonge.
Il faut remettre sur pieds de nouvelles émissions, de nouvelles productions, donner des points de repère aux publics et aux personnels, réformer l’encadrement et la structure. 
Et puis l’histoire rebondit : on apprend qu’une enquête judiciaire va vraiment avoir lieu à la suite des plaintes de la CFDT Médias et de la CGC sur l’opacité, et le mot est faible, de la procédure qui a amené Delphine Ernotte à devenir présidente. 
Je connais un autre président, celui du CSA, qui va commencer à se faire du mouron. 
De fait, la redynamisation de cette enquête est concomitante avec le départ de l’ancien président de la République qui couvrait tout ce fatras de magouilles dans le petit monde des liaisons socialistes…
Et dire que Delphine a amené avec elle sa propre directrice de la communication ? Elle ferait bien mieux d’en changer, elle est à peu près à la hauteur de l’officier mécanicien du Titanic qui fait mettre les machines à fond pour couler plus vite !
Ce qui est frappant dans cette histoire dramatique et récente
de France Télévisions, c’est qu’il aura fallu attendre qu’un
journaliste présentateur perde son fauteuil pour que le reste
de la profession, à l’extérieur, commence à se poser des questions. 

Le malaise de la rédaction immense de France 2 est un puissant révélateur mais France 2 n’est pas la France et l’état des rédactions de France 3 en régions est tout aussi dramatique : démoralisées et démobilisées. 

La Grande machine déraille de partout : audiences, dialogue social, gestion des emplois et surtout projets… 
Il ne suffit pas de mugir « Numerik, Numerik ! pour que cela fasse une politique industrielle cohérente, surtout quand on ignore tout de l’Audiovisuel ! 

Aucun des grands projets annoncés par Ernotte n’est fiable ou viable.

France Info, si c’est bien un point de convergence administratif entre la Radio et la Télévision, c’est surtout une grosse daube que personne, absolument personne ne regarde, pas plus sur la TNT que sur les réseaux sociaux. 

Le projet de SVOD est mort-né et tout ce que Delphine Ernotte a tenté de mettre en place par greffe a été rejeté, soit par le grand corps malade soit par le public. 

La grande réforme des rédactions nationales de France 2
 et France 3 est une ineptie éditoriale ! 
Un journaliste n’écrit pas avec conviction et honnêteté de façon différente sur un même thème pour deux médias différents ! 
C’est tellement évident. La réunification est un acte purement administratif et comptable qui n’a rien à voir avec une quelconque réalité professionnelle et c’est cela que l’on nous présente comme une grande avancée à France Télévisions. 

Si le présent est catastrophique, l’avenir est sombre, car une ombre menaçante se dessine dans le projet « Macronien » : pour expulser de leurs postes, les actuels dirigeants de l’audiovisuel public, certains ont imaginé de placer dans la même structure tous les médias de service public ! 

Un ORTF à 25 000 personnes qui pour le coup deviendra totalement ingouvernable et surtout ingérable : une seule société ? 
Cela revient à payer tout le monde sur les mêmes critères et aligner les grilles salariales de France Medias Monde, Radio France, l’Ina sur celle de France Télévisions, ça va prendre dix ans et coûter un max ! 
Et à tous ceux qui survendent le projet en clamant qu’il y aura des économies d’échelle : on sait maintenant que c’est faux et que la Société Unique France Télévisions coûte beaucoup plus cher que lorsque les sociétés qui composaient le groupe France Télévisions, fonctionnaient de façon autonome et efficace.

Il y a des pistes de réforme et il faut y réfléchir mais il faut avant tout réparer le navire France Télévisions d’urgence. 

Il faut en changer le commandant et l’état-major et donner de nouveaux caps ! 

Des parties entières ne répondent plus : les Premières et France Ô sont à l’image de ce qui se passe à Malakoff : rien ! Pas d’idées, pas de politiques de programmes, de présences, de connections avec les autres chaînes et dans ce vide intellectuel abyssal, on dit n’importe quoi. 

A Saint-Pierre et Miquelon, la grenouille veut se faire bœuf ! Un lecteur de ma lettre grecque a voulu protester, en mettant en avant la représentation de la France, assurée par la diffusion des émissions de SPM Première sur des bouquets de trois cents chaînes canadiennes ! 
La couverture de l’actualité locale de SPM serait regardée par 30 millions de canadiens !
On peut toujours rêver !
La station de Saint-Pierre est juste un effort de l’Etat pour maintenir de l’emploi localement. 
Un acte, non-compensé à France Télévisions, que plein de communes de 6000 habitants, isolées dans la ruralité comme sur une île, voudraient bien voir se dérouler chez elles !

France Télévisions va mal. 
Les lignes de fracture se dessinent de jour en jour. l
Les machines économiques sont en panne. 
Le paquebot lance des SOS…
Cette fois-ci l’Etat semble en tenir compte. 
Il faut faire vite ou France Télévisions sera un jour prochain la Grèce de l’audiovisuel !

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