09 juin 2017

Sosthène ! Colère noire pour dame blanche! ou du rififi dans les colonies !


Parfois je suis tellement en colère que, avec ma barbe hérissée, les éclairs qui jaillissent, le tonnerre qui gronde et mes hurlements, ma montagne grecque ressemble à un volcan vue de Macédoine…

Là, ma colère, pas encore divine a été déclenchée par le mot Mercato ! 
Associé à France Télévisions. Quoi ! Ce jeu de chaises pas musicales d’animateurs serait justifié dans l’audiovisuel public ? 
Les téléspectateurs des chaînes de France Télévisions ont besoin de durée, d’expérience, d’intelligence et là, on va recruter sur les Chaînes Bolloré ! 
Ou on vire d’excellents journalistes pour mettre des midinettes du PAF aux yeux clairs à la place. 
Elle n’a pas intérêt à oublier son stylo à la rentrée la Lapix ! 
Pas sûr que dans la rédaction de France 2, il y ait quelqu’un pour lui en prêter un !
On aurait pu faire autrement si on avait eu une professionnelle à la tête de France Télévision. 
Parce que sur dix mille salariés de l’audiovisuel public il doit y en avoir qui ont du talent, de l’expérience, de l’intelligence, qui ont commencé tout petit et qui sont devenus des grands par leur humilité et leur professionnalisme…
Bon. Là il y en a un, c’est Bignolas…
Il a fallu en faire des danses du ventre pour qu’il veuille quitter le journal de Clermont-Ferrand où il était ancré il y a une éternité… 
L’Auvergne est une île disait- il ! 
Sur France 2, Il va réveiller les auvergnats et les autres maintenant… 

A propos d’îles, il y en a qui sont importantes : elles donnent 
des frontières planétaires à la France, elles font que la République est diverse et rassemble des cultures si lointaines qu’il aurait été inimaginable de les unir sous un même drapeau : les outremers. 

Je tiens à les citer toutes : 
La Polynésie française qui étale ses archipels sur une étendue où tiendrait toute l’Europe.
La Nouvelle-Calédonie qui rassemble des blancs locaux, des métropolitains, des réunionnais, des chinois, des communautés mélanésiennes et polynésiennes aussi différentes sur un Caillou.
Wallis-et-Futuna, un seul territoire mais deux îles éloignées d’une heure d’avion, deux peuples : l’un tongien et l’autre samoan et trois royaumes : Alo, Sigave pour Futuna et Ouvea pour Wallis. 
Il y a un bout de terres et de roches dans le Nord, tout ce qui reste de l’Amérique du Nord française, Saint-Pierre-et-Miquelon sur le bord du Golfe du Saint-Laurent, une sorte d’hommes et de femmes qui vivent à l’américaine leur identité française tout en maudissant les » mayous (métropolitains)» en se rappelant qu’un jour, il y a longtemps leurs ancêtres ont été basques, bretons et normands, tous tombés des goélettes de pêche à la morue. Puis il y a les Antilles, les îles d’Avant le Continent : la Martinique et la Guadeloupe jumelles administratives que tout oppose et qui unissent créoles, indiens, syro-libanais, africains, blanc-pays, métropolitains, haïtiens, dominiquais, dominicains, et maintenant chinois. 
Il y a, comme une île isolée dans la forêt pluviale sud-américaine, la Guyane française : créole sur la côte et dans les administrations, libanais dans le commerce, bushiningués sur le Maroni : bonis, Aloukous, n’djukas, saramakas, paramakas. Brésiliens sur l’Oyapock, amérindiens un peu partout : oyampis, wayanas,kalinas, palikour,etc…Chinois à Cayenne, guyaniens sur les bateaux de pêche du Larivot, surinamais à Saint-Laurent -du-Maroni. 
Et puis, il y a  l’Indien comme on dit dans la Marine, l’Océan indien : la Réunion : créoles blancs marrons, noirs, malgaches, comoriens, chinois, karans – indiens musulmans, chiites, sunnites, indiens hindous, métropolitains.
Et enfin Mayotte : deux peuples mahorais africains : l’un majoritaire mais qui appartient à l’immense zone bantou de l’Est Africain et qui parle un swahili très pur comme à Dar-es-Salaam et l’autre peuple : malgache, descendant des tribus pirates venues de Madagascar et qui parle kibushi, les deux peuples étant cimentés par un islam très présent et quotidien .
Chacun de ces territoires a une station de télévision avec une rédaction TV, des équipes de tournage, des administrateurs, un CE, un car multicaméras, une station de radio avec un studio, des animateurs, une rédaction radio, et puis la dernière lubie ernotienne : l’internet pour des habitants qui n’ont souvent pas les moyens de se payer une box ou un smartphone ! 
Des rédacteurs-en-chef, et enfin un directeur régional solitaire et souvent abandonné. 
Souvent, il a des problèmes psychologiques, comme le colonel Kurtz dans Apocalypse Now. 
C‘est le cas en Guyane, où le directeur, pourtant guyanais, est vilipendé par les personnels de la station pour ses coups de colère déséquilibrés. 
C’est le cas à Saint-Pierre-et-Miquelon où le directeur, manifestement n’a pas compris les enjeux de la population…de sa station. Et outremer, quand un conflit commence, il peut très mal se terminer. 
Comme on peut le voir, on se demande pourquoi RFO a été intégré (''adossé'' comme on disait à l'époque) à France Télévisions. 
Les distances qui séparent les personnels, les enjeux, les idées, les structures sont énormes. 
La justification basique de l’existence de l’audiovisuel public outremer ( les Premières) est de tresser un lien entre la République et ses confins. 
L’ex-RFO met en perspective l’information utile aux peuples qui composent ces territoires : la place dans l’Union Européenne pour ces régions ultra-périphériques, la rentrée universitaire à Toulouse : comment et combien cela coûte ? Le nouveau préfet vient d’où ? Connait-il les outremers ? Les produits de consommations sont chers ? pourquoi ? Où soigne-t-on ? Que se passe-t-il dans notre île ? sur celle d’à-côté ? Parle-t-on de Tahiti à Paris ? De la Guadeloupe à Londres ? Quel est l’avenir du nickel en Nouvelle-Calédonie ? Voilà ce qu’il y a dans le tuyau qui attache les stations des outremers à Paris ou Malakoff…Des réponses pour les populations. Des éléments citoyens…

Mais ces stations ont parfois un rôle économique : 
A Wallis-et-Futuna ( 9000 habitants), il y a grosso-modo cent personnes dans la station, payées comme deux cents puisque l’indexation est de 100 pour 100. 
Grâce à, l’absence de fiscalité, pas d’impôt sur le revenu, les salaires mirobolants ( de 4 à 7000 euros) sont injectés dans l’économie locale et font vivre un pourcentage inouï de la population ilienne…
France Télévision est devenue une mine d’or incontournable, à tel point que les chefs coutumiers du village où est installée la station veulent faire payer un loyer ahurissant à France Télévision pour avoir installé la station sur un terrain, donné par l’état mais qui appartenait à une famille royale qui ne reconnaît pas le don…Bonjour la négo…Surtout quand on sait que la globalité du personnel est composée de Alikis, de femmes et d’hommes issus des familles nobles, « acousinés » avec les puleloko, les chefs du village…ouf ! : les roturiers, eux, prennent l’avion pour travailler à Paris…

Mais dans le Nord, c’est pareil : SPM, 7000 habitants et une 
station de radio, de télévision et d'interrnet, 70 salariés dont 19 journalistes ! une indexation de 76 pour cent. 
Les salaires de France Télévision font tourner l’épicerie de Saint-Pierre dans une île où l’emploi public est …tout.

Les outremers se sont désenclavés grâce à la TNT. TF1 arrive en tête des chaînes diffusées et recalées sur l’heure locale. la Première locale arrive souvent juste derrière TF1, bien avant France 2 ou France 3.

C’est donc un système qui n’est pas assimilable à France Télévisions. 
Les transferts de cadres de France 3 ou France 2 ont été globalement des échecs. Les mots du management ou de l’information n’ont pas le même sens à Paris et dans le Pacifique…ou ailleurs.

Auparavant, les professionnels qui dirigeaient RFO étaient des personnes transverses, avides de culture. 
Aujourd’hui, c’est une oligarchie molle.  
Il fallait, en Nouvelle-Calédonie, une présence kanak à la veille du référendum d’autodétermination. 
Le directeur général exécutif, Kanak, a donc nommé une jeune femme kanak, qui ne connait rien du métier de rédactrice- en- chef. 
A tel point que les hiérarques de Malakoff ont décidé de lui envoyer deux tuteurs pendant trois mois. 
Car le problème est devenu coutumier : un dirigeant kanak ne peut virer une femme kanak , qui œuvre comme cadre pour deficit de professionnalisme. Ce serait une guerre entre tribus ou familles mélanésiennes pour avoir perdu la face…Le tout à quelques semaines d’un référendum d’autodétermination dans lequel ils ont un rôle au moins symbolique à jouer. 
Ne cherchez pas la raison républicaine. Delphine Ernotte a décidé, pour des raisons d’affichage de nommer un directeur kanak, il faut donc que la globalité de France Télévisions en assume les conséquences. 
Avec parfois des gestes anti-républicains esquissés : indépendantiste, le directeur général a pris ses vacances pendant les élections présidentielles. Du coup, le rédacteur-en-chef d’une petite station proche du Canada ...aussi ! L’information des outremers est devenue une pantalonnade. La rédaction internet des Premières a même entamé une recherche et publié des articles pour situer un guyanais à Londres pendant les attentats alors qu’il faisait la foire du côté de Calais… 
Pourtant, il a bien un directeur de l’Information pour les outremers, plus connu pour amidonner ses chemises et la qualité de ses costumes que pour son efficacité. Car il en faut de l’intelligence, de la poigne, du courage et du culot pour être directeur de l’information des outremers et surtout avoir une excellente connaissance des cultures différentes…Bon, c’est clair que ce n’est pas le cas !!
Quand on pense que ce sont ces gens-là qui ont aussi la responsabilité de France Ô, il ne faut pas s’étonner des hoquets directionnels de la chaîne. 
La directrice de France Ô devait partir à France 2. 
Chouette, elle était nommée. 
Chouette parce qu’en trois ans, après avoir dépensé près de cent millions d’euros pour les programmes, elle était arrivée à une audience de 0 ! 
Dégoûtée, sans doute, de dépenser inutilement autant d’argent public, elle était partie… 
Mais France 2, a renvoyé l’impétrante. 
Effet cascade, la directrice antillaise qui devait arriver, n’arrivera pas ! 
Et le directeur qui devait arriver du Pacifique aux Antilles, pressé de fuir la perspective d’affronter un référendum de couverture mondiale (la dernière décolonisation…) avec une rédactrice-en-chef problématique, n’arrivera pas non plus…
Ah les soucis de l’oligarchie et du directeur général exécutif du tourisme tropical…Ce n’est pas rien !
Pour en revenir à France Ô…le Président de la République a une petite idée semble-t-il, sur son destin : le néant. 
Il faut dire que la chaîne des outremers, est devenu un ghetto et c’est tout. 
Des journalistes sportifs présentent des émissions politiques hilarantes de bêtise, des documentaires tournés avec une caméra de salon donnent de fantaisistes explications anthropologiques sur le mariage mahorais et des « témoins de l’outremer » ratiocinent par webcam sur la présence nécessaire de jouets dans les écoles maternelles de l’outremer !
On croit rêver. Une chaîne ghetto et prétexte parce que être noir ou doré comme un polynésien, et vous y trouverez peut- être du travail, sans audience… 
Mais le mercato, on y revient, pas un noir, pas un métis, pas une antillaise, pas une tahitienne, France Télévisions, service public de l’audiovisuel, n’a pas l’air d’aimer les couleurs aujourd’hui. 
Un paradoxe alors que du temps de FR3, Mascareignes et les outremers, avec Luc Laventure, enchantait la France du samedi matin. 
Y-aurait -il encore de la place pour un ou une noire, pour une ou un kanak ou une ou un polynésien sur une antenne nationale de France 2 ou France 3 ? 
Quelqu’un avec du talent, de l’intelligence, du professionnalisme. Si, si, si cela existe je vous assure !

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