03 juin 2017

Le rêve de Sosthène



Il fait chaud sur les montagnes comme sur la Seine…

Un petit air de congés ! 
Généralement, on profite de cette période et des vacances d’été à suivre pour commettre les pires avanies dans le monde audiovisuel…

C’est ainsi ! 
L’été ce sont les rediffusions, la plage et la radio. 
La télé peut bien faire ce qu’elle veut, il n’y a guère de réaction…
Sauf que, cette fois-ci, dans la Grande Machine de France Télévisions, la Reine des abeilles, Delphine Ernotte, s’est trompée de moment, de sujet et de chantier…
Cela fait beaucoup ! 
D’un point de vue légal, la dame est aux commandes de FTV pour au moins trois ans encore...
De quoi faire des dégâts mais il faut vivre avec et ne pas espérer une saine réaction d’un gouvernement qui pourrait avancer une loi audiovisuelle avant la fin de l’année. 

L’audiovisuel public et France Télévisions avec ses trois milliards d’euros de budget ne sont jamais une priorité. 

Alors il faut bien rêver : 

quelles seraient les possibilités de réforme, voire de révolution nécessaire, pour que France Télévisions cesse d’être une Grande Machine qui ressemble de plus en plus à une roue collective pour hamsters déjantés.

D’abord une certitude : la société unique, qui devait faire des
économies d’échelle fabuleuses est une erreur industrielle historique. 
L’irruption de spécialistes du marketing a vicié la structure. 

Tout comme le travail de sape des DRH, là ou des chefs du personnels faisaient parfaitement l’affaire.

Ce n’est pas d’un retour au passé dont je parle mais bien de
l’élaboration d’une structure professionnelle à venir.
On va donc arrêter de critiquer et jeter un œil dans les fumées qui planent au-dessus de l’omphalos pour aider la pythie à y voir clair !

Une chaîne de télévision est une entreprise comme un journal…Un medium.

Donc un titre, une ligne éditoriale globale et une rédaction bâtie et financée pour fabriquer l’information anglée et ciblée.

On ne peut imaginer, en télévision, comme dans le reste de la presse, une seule rédaction pour fabriquer des journaux différents. 

La Loi non-écrite est la même pour les correspondances : 

des journalistes spécialisés dans le traitement de l’information de proximité ne peuvent pas passer à l’écriture et au traitement d’une information nationale comme cela ! 

Ce n’est pas le même métier, le même public, la même vision du public. 

En région ou en outremer, les téléspectateurs attendront une information plus élaborée, plus détaillée, plus proche. 
Au national, le travail rédactionnel est différent. 
L’offre d’information est différente… 
Bref tout cela pour démontrer qu’une chaîne de service public est une entreprise de presse dont l’information est la pierre de touche. 
Donc un écran, une rédaction adaptée et des programmes d’information, de formation et de diffusion de la culture. 

C’est ce que doit être France 2 et foin de ces idées saugrenues de rédaction commune ! 

De six cents journalistes !

Foin aussi de ces critiques qui veulent que le réseau France 3 peut servir de correspondant en France à France 2…

Ben non ! Ce n’est pas le même métier : travailler en région pour une antenne nationale et travailler en région pour des publics proches. 

Un correspondant à l’étranger peut- il travailler pour plusieurs médias à la fois de façon satisfaisante ? 

Et bien cela dépend…Du rédacteur-en-chef assisté du DRH : il faut un profil journalistique bien précis : souple et adapté avec la touche « talent » incorporé. 

Un correspondant de RFI dont le travail se doit d'être minutieux et précis ne correspond pas au résumé flamboyant d’une actualité chaude que souhaite une chaîne nationale. 
Les cas de journalistes ayant la souplesse de travail et d’écriture nécessaire sont rarissimes.

Donc rendre son identité aux chaînes n’est pas suffisant. 
Il faut en faire des sociétés séparées dans le quotidien et unies au sein d’un groupe où peuvent exister des structures d’échanges. 

France 3 a sa propre identité. 
Et si son écran national est différent de France 2 : tant mieux ! 
On peut imaginer que l’information nationale et européenne traitée par une rédaction nationale de France 3 sera différente de France 2 : peut-être plus détaillée dans l’information européenne agricole par exemple. 
Une information et des programmes qui correspondent plus à la vie des territoires.

France 3 Régions. 

Ce pachyderme mourant a réellement besoin de réforme et d’attention. 
Il faut y sélectionner ce qui marche bien. 
Les Centres d’actualités télévisées par exemple. 
Ce devrait être le plus petit échelon de l’info télévisée en région. 
L’ »hyper-local » n’est pas le travail de la télévision de service public. 
Aller faire un reportage télévisé avec des moyens lourds sur une plaque d’égout ou la Mère Michel qui a perdu son chat n’est pas gérable en terme financier. 
Si de petits terroirs ou territoires veulent leur propre télévision, là ,France Télévisions peut envisager une activité de conseil et d’accompagnement pour des délégations de service public locales avec des moyens de travail adaptés et légers…
France 3 a des pistes de révolutions : faire enfin de grandes télévisions de plein exercice, des « lands » audiovisuels indépendants des nouvelles régions administratives, dotés de conseils d’administration et de  programmes qui rassemblent des élus, des associations, des professeurs, des citoyens qui ont un regard sur les programmes diffusés non plus dans la région mais sur une zone économique où circulent l’emploi, les marchandises, et les personnes
Une grande chaîne de télé correspondant au Grand Ouest de Rouen à Nantes !            
Mais pas un pôle où règne en dictateur échevelé et solitaire un directeur nommé par Paris.
Une vraie chaîne : avec une rédaction et des éditions locales, un conseil d ‘administration et des moyens accrus. 
On pourrait imaginer des syndications dans le domaine de la production mais aussi plus de conformité envers ce qu’attendent les populations régionales : du travail, de la certitude, du confort de vie, un lien expliqué entre bassins économiques. 
La télévision publique doit être associée aux efforts des politiques nationales : lutte contre le chômage en diffusant l’information économique et sociale, animation des territoires en faisant circuler l’information structurelle dans tous les domaines : préservation de l’environnement rural ou maritime, développement des énergies renouvelables, lutte contre le changement climatique, industrialisation, et puis aussi , la télévision des personnes âgées, des handicapés, du foot amateur et du rugby associatif, des sports de proximité,  et des banlieues vues comme des terroirs, etc. France 3 a des missions de service public vitales pour la Nation et l’harmonie de la Cité à accomplir.

En outremer aussi, il faudrait une révolution : de nouvelles
organisations par Océan. 
Actuellement des directeurs régionaux muets règnent en petits potentats sur leurs îles respectives. 
On peut mettre en place une organisation par bassin : Atlantique, Océan indien, Pacifique…
Un directeur « océanique » pour représenter la présidence de France Télévisions et harmoniser et dynamiser le travail des stations par secteurs : les programmes, l’Information. 
La suppression des postes de directeurs régionaux peut aisément, vu leur utilité réelle et les salaires des impétrants, financer la mise en place de conseil des programmes locaux, réunissant là-aussi des élus, des associations, des pédagogues, des services de l’Etat…

Et puis, il y a Malakoff…

Contrairement aux idées reçues, cette structure de France Télévisions a une utilité essentielle pour les outremers : ses services, ses rédaction télés et radio permettent de venir en aide au quotidien aux stations ultramarines sur les plans éditoriaux, techniques et administratifs. C’est une véritable station-service à préserver. Dont le rôle actuel déclinant est le résultat d’une fainéantise intellectuelle incroyable et directoriale.

Bon, je rêve...Ben oui ! Il doit y avoir quelque chose 
d’hallucinogène dans les odeurs de thym de ma montagne grecque. 
Même les chèvres ne bêlent plus. 
Ce rêve, l’expression de ce rêve, n’est sans doute pas exacte, amendable ...
Ce sont les fumées de la pythie…
Mais cela démontre aussi que l’avenir de France Télévision peut être imaginé par d’autres que la Reine des abeilles qui butine de salon en salon, propageant des idées erronées et légères sur le numérique, la télé connectée, ou les moyens mobiles de visionnage de la télé. 
Pour près de 70 millions de français, la Télé publique est ce lieu de rendez-vous de la famille et de la société…
Pas un gadget téléphonique ! Alors Rêvons !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire