05 juin 2017

A lire : Immedias de Renaud Revel - l'ambiance à France 2

Renaud Revel

David Pujadas a donc préféré jeter l’éponge, avant même l’expiration de la saison, et  devancer la date de péremption de son mandat aux commandes du 20 heures. On le comprend. Impossible en effet de faire comme si…alors que sa tête roule encore sur le billot.  Et qu’Anne-Sophie Lapix, en coulisses, se chauffe et se prépare à prendre la relève.  Retombée comme un soufflé, la crise de France 2 laisse une victime sur le tapis, dans l’indifférence quasi générale d’une rédaction qui a appris à enterrer ses morts de manière métronomique.
Car peu importe les bonnes audiences du JT, les bons résultats engrangés et l’image recouvrée: c’est sans doute la première fois dans l’histoire mouvementée de cette chaine qu’un de ses principaux cadres tombe en ayant plus que rempli sa tâche. Tout cela appartient déjà au passé. Qui se souvient déjà de Michel Field, dont le fantôme, en chair et en os, rode dans les étages de France Télés, où il a conservé un bureau ? Qui se soucie d’un Pujadas à qui la rédaction aura offert une ovation vite expédiée, avant de reprendre, en chenille, le chemin de ses bureaux: ce sont là les affaires courantes d’une chaine sans affect, ni fidélités.
Ainsi va France 2 qui, chaque fin de législature ou presque, s’offre une partie de ball-trap. On ne fera croire en effet à personne que l’éviction de « Puj » n’est en rien politique. Non pas que David Pujadas soit spécialement connoté, de droite ou de gauche. Non, le journaliste est simplement sacrifié par la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, au nom d’un leitmotiv en vogue depuis l’élection présidentielle : le changement pour le changement, mode Macron.
C’est l’autre mal qui gangrène, de tous temps, la télévision publique : ce zèle qu’elle déploie à anticiper les vœux supposés du politique. Emmanuel Macron et son premier cercle n’ont pourtant jamais rien exigé de l’équipe dirigeante de France Télés. Le nouveau Président en place ne s’est jamais plaint du journal de 20 heures. C’est tout juste s’il avait maugréé  à sa sortie de L’émission politique, où il n’avait apprécié qu’on l’interroge, notamment, sur sa vie privée. Pas de quoi en faire, pour autant, un plat ou jouer les sicaires.
David Pujadas ayant fait place nette, l’heure maintenant est à Anne-Sophie Lapix, sur la tête de laquelle on promène l’encensoir. Comme hier, sur celle de celui qui devrait vraisemblablement quitter la chaîne dans les toutes prochaines semaines.

1 commentaire:

  1. J'ai beau être à la retraite, je boue...
    Je regarderai Pujadas sur LCI ! Rien que pour la PDgère...

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