04 mai 2017

Monsieur le Président, Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être...


Monsieur le Président,

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être...

Nous les grecs, nous avons toujours fait confiance à l’intelligence des peuples et parfois ceux qui les dirigent en reçoivent un peu…

Quand on devient dirigeant comme vous, on abandonne toute notion personnelle pour devenir un serviteur de l’état, de la France et de ses intérêts bien compris.

Cela implique une honnêteté absolue bien sûr. Pas celle qui préside aux alchimies du pouvoir mais cette honnêteté qui a tant manqué à d’autres candidats. Ceux qui ont mêlé destin d’un pays et intérêts personnels et familiaux… 

Alors justement, Monsieur le Président ferez -vous de l’Audiovisuel Public une chasse gardée pour vos amis ? Matthieu Gallet à Radio France et Delphine Ernotte à France Télévisions.

Si le premier peut encore faire illusion. 
On peut se poser la question : qu’en sera-t-il après le départ de Frédéric Schlesinguer. Monsieur Gallet ne maîtrise pas grand-chose à la radio. 
Sa position a été renforcée par ses directeurs qui ont recréé littéralement la Radio de Service Public. 
Ils partent dans le privé et l’armateur se retrouve sans capitaine dans une tempête qui approche. Il croise les doigts le bougre.

Le cas de Delphine Ernotte est à la fois plus simple et plus compliqué. 
Si vous étiez un président honnête, vous la vireriez tout de suite : elle est trop proche de vous. 
C’est un peu votre grande sœur. 
Devant les caméras des chaînes de télévision, elle embrasse chaudement votre épouse quand vous venez à France Télévisions. 
Franchement, que veut dire cela ? 
Afficher en public une proximité amicale avec un dirigeant politique qui prend les rênes du pays ? 
Comme si madame Ernotte comptait utiliser cette relation privilégiée pour faire passer ses projets aveugles et ses bilans médiocres et se maintenir en poste. 
Bien sûr que Delphine Ernotte est une dame sympa et intelligente. 
Une femme qui affronte un milieu d’hommes impitoyables chez Orange ne peut être foncièrement mauvaise…

Mais Que diantre vient- elle faire dans l’Audiovisuel Public ?

Il faut que vous la sauviez d’elle-même, monsieur le Président. 

Votre programme comporte des âneries audiovisuelles. 

Ainsi il faudrait se convertir au Numérique…
La diffusion n’est pas le souci de France Télévisions…

Encore une fois, nous fabriquons des programmes et de l’Information pour des masses énormes de téléspectateurs dont nous espérons alimenter la citoyenneté. 
Nous ne vendons pas des applis pour téléphone. 
Il ne faut pas se tromper d’outil industriel, comme vous l’avez bien compris : nous sommes « un chantier naval pas un fabricant de smartphone » …

Il y a dix mille âmes à France Télévisions et un budget de trois milliards d’euros… 
N’en rajoutez pas : ni d’argent, ni de salariés. 

Par contre, si vous pouviez cesser de considérer que vos amis forment un salon parisien et qu’il faut briller en société par des jeux de mots, ce serait chouette ! 

Monsieur le Président, il faut assainir nos procédures, remettre du professionnalisme à tous les étages, de la confiance chez les journalistes, du talent chez les réalisateurs et de l’envie chez les techniciens. 

La Grande Machine de France Télévision est à la dérive du fait de décisions ineptes et hâtives : concentration de chaînes publiques en une seule société, nomination de PDG pas formés par une structure technocratique sans relation avec nos milieux audiovisuels : le CSA, décisions programmatiques idiotes, pertes de repères. 

Alors, monsieur le Président, il va falloir prendre des décisions sans trop écouter les haut-fonctionnaires, vos condisciples souvent. 
Ceux -là dont nous avons fait l’expérience et qui ont abouti à des Bygmalions ou à des chimères audiovisuelles coûteuses.

 Puisque madame Ernotte est votre amie, considérez que votre amitié n’est pas un argument professionnel.

Il y a tellement d’agences ou de structures à présider que vous pourriez lui en trouver une sympa. 
Le musée des téléphones ? le Château de Vincennes ? L’Agence de la francophonie ?…

Par contre, ce serait un acte présidentiel de faire nommer à la tête de France Télévisions un vrai professionnel du secteur, qui assainisse, purifie, réorganise…
Ce serait bien qu’un président redonne de l’espoir à dix mille salariés…
Sosthène.

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