Parmi les dossiers qui attendent la nouvelle ministre de la Culture, Françoise Nyssen, la réforme de l’audiovisuel public ne sera pas oubliée. Ce sujet était en effet déjà abordé dans le programme du candidat Macron à l’élection présidentielle. Le futur président affirmait notamment vouloir “rapprocher les sociétés audiovisuelles” ou encore “concentrer les moyens sur des chaînes moins nombreuses mais pleinement dédiées à leur mission de service public”. Pour avoir une idée de l’avenir promis à France Télévisions en particulier, on peut jeter un coup d’oeil à un rapport écrit en février 2015 et piloté par Marc Schwartz.
Ce dernier, qui a été durant sa carrière directeur financier du groupe audiovisuel, a coordonné le volet politique culturelle et communication du programme d’Emmanuel Macron. Et il est aujourd’hui directeur de cabinet de Françoise Nyssen. Il y a donc fort à parier que les orientations données dans ce document d’une centaine de pages, et remis à Fleur Pellerin, Emmanuel Macron et Michel Sapin en 2015, inspireront la nouvelle ministre de la Culture.
En réalité, ce rapport s’adressait plus spécifiquement au futur président de France Télévisions, encore inconnu à l’époque. Depuis, Delphine Ernotte, à la tête de la télé publique, a réalisé quelques chantiers évoqués dans le rapport. On peut en priorité citer la création de la chaîne d’information en continue Franceinfo, lancée en septembre dernier, ou le service de vidéo à la demande par abonnement qui devrait voir le jour à l’automne prochain. Mais il reste encore dans le document de Marc Schwartz des recommandations qui n’ont pas été pleinement exploitées.

L’avenir incertain de France Ô

L’ancien directeur financier estime ainsi que “maintenir cinq chaînes hertziennes ne sera possible, dans le cadre économique des prochaines années, que si des réformes de gestion ambitieuses sont réalisées”. C’est une opinion partagée par Emmanuel Macron qui estimait dans son programme que France Télévisions devait “concentrer les moyens sur des chaînes moins nombreuses”. Mais lesquelles sont sur la sellette ? Si le rapport n’apporte pas de réponse univoque, il tire le bilan pour chacune des marques.
Ainsi, France Ô aurait un avenir incertain… “La pérennité de France Ô au sein du bouquet hertzien soulève, dans sa formule actuelle, des interrogations”, peut-on lire dans le document qui parle d’une chaîne ayant “du mal à trouver son public”. Pour le reste, le groupe de travail insiste surtout sur une redéfinition des lignes éditoriales des différentes chaînes du bouquet. Était ainsi questionné le positionnement singulier de France 4 qui proposait, en journée, une offre jeunesse, et en soirée, une programmation destinée aux jeunes adultes. Cette dernière qui engrangeait de faibles audiences a finalement été modifiée à la rentrée dernière pour s’orienter vers des programmes destinés à la famille dans son ensemble. Reste toujours la question de “l’articulation de ses programmes jeunesse avec ceux proposés par France 3 ou France 5, dès lors que le groupe cherche à faire émerger une marque jeunesse autour de France 4”.