26 avril 2017

Sosthène Président


C’est nous, les grecs, qui avons inventé la démocratie, la dictature aussi… 

Bref on a essayé, au gré de nos cités, tout ce que l’esprit humain pouvait inventer de structures politiques. 
Alors une élection présidentielle, cela ne me fait pas peur. 
On sait déjà qu’on y utilise mensonges, exagérations et que la vérité ou la réalité sont rarement au rendez-vous des candidats. 
Soyons donc clairs et transparents : Gauche ou Droite…
Peu m’importe, la réalité qui se dissimule derrière ces mots est élastique et adaptable…à la République. 

Le problème réside dans le fait d'une candidate qui vient en droite ligne d’un parti, créé par une organisation fasciste : Ordre Nouveau, et qui compte parmi ses parrains, nombre d’anciens Waffen SS ou notables pétainistes. On peut avoir cette mémoire et penser que l’Histoire fabrique aussi le présent, voire le futur. On peut aussi se souvenir pourquoi si peu de français se sont retrouvés à Londres en 1941 et constater que la ré-émergence de cette sombre force politique est concomitante avec la disparition de ces anciens guerriers dans la mémoire des français d’aujourd’hui.

Ce long préambule pour expliquer pourquoi je réfléchissais à un seul projet politique concernant l’audiovisuel public : celui d’Emmanuel Macron. 
Et j’en suis désolé ! 
Car ce qu’il y a encore de plus dangereux que le front pourri des sombres fascismes pour une démocratie républicaine ouverte, c’est l’incompétence et le « je-m’enfoutisme ».
Donner une quelconque crédibilité au projet d’Emmanuel Macron concernant la télévision et la radio publiques, c’est laisser de côté tout espoir de vraie réforme populaire de l’audiovisuel public. 

En ces temps troublés, un seul homme a lancé un appel : Pascal Josephe. 
Cet ancien candidat à la présidence de France Télévisions a écrit une lettre décrivant avec justesse, mesure et réalisme l’audiovisuel public aujourd’hui, son état et ce qui pourrait être son avenir. C’est un appel du 18 juin en plein mois d’avril…
Le projet « macronnien » veut réunir dans une même structure tous les audiovisuels publics : Radio France, l’INA, France Télévisions et l’audiovisuel extérieur…
C’est une fausse bonne idée. 
Car la structure énorme que cela implique deviendra totalement ingouvernable, ingérable comme l'avait été feu l'ORTF. 
Les économies d’échelle ne se feront jamais…            
Quant à mugir « Numérique ! Numérique » comme des veaux sautillants, ce n’est pas réaliste. 
Les révolutions numériques sont acquises quand elles deviennent populaires et utilisées. 
Il y a nombre d’applications pour téléphone : tournage, montage, trucage, enregistrement du son en commentaire qui ne seront jamais utilisées. 
Tout simplement parce que cela ne correspond ni aux habitudes de lecture des téléspectateurs, ni aux habitudes de travail rapide des équipes de France Télévisions. 
Ces révolutions de salons parisiens sont le reflet du boboïsme ambiant, horripilantes…

FTV vient successivement de perdre des sommes d'argent considérables, de l'argent PUBLIC 
-  dans une chaîne d’info imaginaire, qui n'est pas regardée : FranceInfo TV,pour laquelle on "clike" rarement, 
- dans la mise au point de nouvelle marques en saucissonnant un marché public, 
-  dans un tas de trucs, de services, de directions qui ne servent jamais. 263 directeurs à France Télévisions… 

Bref un sacré bazar qu’il faut reprendre en main. 
Delphine Ernotte doit en avoir marre : elle veut quitter son huitième étage pour descendre au troisième et se rapprocher des rédactions ? 
Elle a des lubies ! 
Elle peut aussi redescendre au rez-de-chaussée de France Télévisions et faire hôtesse pour accueillir le public… 

France Télévisions a mal au cœur et des bleus à l’âme. Cette grande machine construite par dépit n’a jamais réuni l’ensemble de ses salariés. 
Il faut lire et relire la lettre de Pascal Joseph et comparer, avec la période de totale impéritie et d’incompétence directoriale et professionnelle ce, que France Télévisions vit actuellement. 
Quant au projet MACRON, lui accorder la moindre pertinence n’est pas un service à rendre à la République…
Surtout si l’autre opportunité est d’appliquer le rapport Schwartz (actuel conseiller de Macron), déjà ancien mais fait avec une médiocrité et une méconnaissance confondante de l’audiovisuel. 
Bref, on n’est pas sorti de l’auberge de la Reine Pédauque !!

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