04 avril 2017

Sosthène : changement de noms de chaînes, on oublie ?



Quelle histoire pour changer de nom de chèvre ! 
Je voulais donner un numéro à chacune de mes chèvres : CH1, CH2, CH3,…
Mais les devis que m’ont proposé les agences de Com… sont sidérants. 
Au moins à la hauteur de ceux qui ont facturé 500 000 euros à Delphine Ernotte pour écrire franceinfo avec deux points jaunes ! 
Cela fait cher le gigot à la grecque ! 
Mais cela a toujours été le cas. 
Déjà du temps de Hervé Bourges, quand il a fallu changer les noms de Antenne 2 et Effertrois, cela avait été ruineux…
Même si c’est une agence de communication amie qui avait obtenu le marché sans appel d’offre…
Cette fois-ci, les « Strategos » du Huitième étage de la Grande Machine veulent rebaptiser les chaînes : FTV2 pour France 2, FTV3 pour France 3, FTVO pour France ô…
Cela devrait donner du grain à moudre à tous les séducteurs de la Comm. mais aussi aux fabricants de papier à lettres, aux peintres en carrosserie, aux artisans du Logo ! 
Le tout pour une facture globale qui ne devrait pas être donnée alors qu’on ne peut pas dire qu’il y ait urgence à changer des noms bien installés !
Les Strategos voudraient aussi en profiter pour améliorer la stratégie de France Télévisions. 
Ainsi, ils réfléchissent à faire de FTV 2, France 2, la chaîne phare !
Ils voudraient faire de France 3, la chaîne des régions. Tout cela fait rire jaune.
En fait la morale d’abord : la politique industrielle de France Télévisions sous la houlette de Delphine Ernotte a été orientée vers le Numérique. 
L’ex-Orange, comme la baptise le syndicat CGC médias, a importé à France Télévisions ce qu’elle savait reconnaître : le service téléphonique au particulier. 
Sous prétexte d’une pseudo-révolution industrielle baptisée le Numérique, Le Huitième étage a organisé des compétions pour hackers débutants, la mise au point d’applis pour téléphone et a placé un service onéreux de fournitures d’informations pour smartphone : « franceinfo : ». 
La« révolution numérique » s’est limitée à une série de mots d’ordre pour que les journalistes orientent leur travail vers la production d’informations élaborées pour smartphone au lieu de faire des reportages télés ou radios….
Cette erreur de gestion est manifeste dans tout France Télévisions. 
Il n’y  a aucun serveur commun, téléphone commun. 
Dans les stations régionales aucun abonnement téléphonique commun pour transmettre images et sons à ..Qui au fait ?
Des pilotes du web, qui n’ont pas de fonction hiérarchique et comptabilisent leur succès en comptant les clics mais que dire quand une exposition de soutien- gorges fait plus de clics que la roborative analyse du budget d’un conseil régional ?
En plus, Delphine oriente l’entreprise vers un service au particulier sur un marché concurrentiel qui peut être bouleversé. 
La Télévision de service public s’adresse au citoyen avant tout, aux téléspectateurs les plus modestes pour leur apporter culture et information. 
Développer le service sur smartphone et en faire un axe stratégique de développement c’est aussi oublier que les tarifs de la téléphonie portable française, le Numérique, sont les plus bas du Monde. 
Ces tarifs ne reflètent pas, pour le moment, les investissements énormes qu’ont consenti les acteurs de la téléphonie française mais la marée tarifaire, malgré les apparences, pourrait bien monter. 
Les « produits » France Télévisions seront donc réservés en priorité à ceux qui possèdent un abonnement téléphonique, à la 4G, et résidant dans une région qui ne soit pas « blanche »…
Ce n’est pas l’idée qu’on se fait d’un service public de l’audiovisuel. 
Ma Tante, dans le Cantal qui paie sa redevance malgré la modicité de sa retraite de gardienne de troupeau de chèvres et qui n’a pas de smartphone représente, avec ses soixante-quinze ans, plus de dix pour cent de la population française. Elle est ignorée dans les programmes et maintenant dans les technologies…Lamentable !
Ce type de situation est plus courant qu’on ne le pense : les populations rurales de France ou celles des outremers sont même, vu le prix des portables smartphones et des abonnements, les populations les plus modestes des banlieues de France.
France Télévisions se mue en Groupe de Luxe ? 
Quelle blague !!
En fait l’échec de sa « politique industrielle » actuelle est patent. 
France 2 est au fond du trou : qui cela intéresse à France Télévisions d’inventer, d’imaginer des nouvelles émissions ou de rétablir les anciennes qui marchaient bien alors que tous les hiérarques gambadent de couloirs en réunion en glapissant » Numérik ! Numérik ! » ?
Il faudrait ressortir de la naphtaline ou des placards les vieux directeurs. 
Ceux qui savent ce qu’est un média de masse, une télévision de service public réelle et populaire !
Quant à France 3, l’affaire est navrante : les obscurs directeurs ont dessiné les régions sur le modèle des découpages politiques et administratifs. 
Comme Bernard Gouley a pu le faire sur les ordres de Alain Peyrrefite quand on a créé la télé gaulliste des régions… Mais la vraie évolution, celle de 2018-2020 aurait peut- être été de donner une masse critique à la télé régionale, comme les stations régionales de la BBC ou les télés régionales des 6 lands allemands. 4 ou 5 télévisions régionales de plein exercice avec conseil d’administration régional pourraient grandir sur une zone cohérente économiquement. 
Ces grandes télévisions pourraient regrouper les rédactions disséminées pour des journaux « nationaux » englobant les régions administratives.
Et surtout, ces grandes télévisions régionales pourraient produire plus des deux heures de programmes que France 3 peut diffuser sur ses antennes actuellement… 
L’action régionale de Delphine et de France Télévisions se cantonne à rencontrer, sans les écouter, quelques dizaines de téléspectateurs dans les régions et en outremer… 
Une action totalement inutile et coûteuse. 
Ces agoras ne remplacent pas une mise en perspective régionale du service public de l’audiovisuel : une représentation permanente au sein d’un conseil d’administration régional, des élus, des associations, des syndicats, des acteurs culturels ! 
Mais la Révolution audiovisuelle régionale, ce n’est pas la tasse de thé de salon des stratégos de France Télévisions ou des hiérarques du Huitième étage. 
Ils regardent seulement la marée monter sur les bords de Seine…La marée politique des présidentielles .

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