27 mars 2017

Version 2 de FranceInfo : le compte-rendu de la CGT


Même s’il n’y a pas eu officiellement de lancement d’une version 2 de l’offre sur le canal 27, des évolutions ont été mises à l’antenne depuis le début de l’année.

 Modification du « ticker », le bandeau de bas d’écran : agrandi, il passe à deux lignes et contient plus d’infos. 
Depuis début janvier, les journaux télévisés ont été revus : plus orientés « news », plus longs (13 minutes), plus sanctuarisés, avec une présentation des titres devant le totem et ensuite un présentateur assis de manière plus classique. 
L’utilisation du « hub » (écran tactile) de l’atrium a évolué, avec l’utilisation de vidéos.
 La direction souhaite désormais développer l’utilisation du second hub situé dans l’espace JT et qui n’est pas utilisé pour l’instant. Ils aimeraient pouvoir le connecter à internet pour interagir avec, mais cela pose des problèmes de sécurité qui ne sont pas réglés pour le moment. 
Evolution majeure, depuis le 13 février, avec la suppression des JT de la demi-heure en période verte (9h30-18h).
 Dorénavant, Radio-France fournit, spécifiquement pour le canal 27, un rappel de titres étoffé de 3 minutes à la demi-heure. Illustré avec l’habituel totem. 
A cette occasion, l’éclairage du décor titres de Radio France a été amélioré. Il y a donc désormais des titres de Radio-France à 20, 40, 50, ainsi qu’à 30 en période verte. Les titres de 10 ont été supprimés du fait de l’allongement du journal de l’heure. 
Autre évolution d’importance, le lancement d’un journal de 25 minutes à 18h, présenté par le duo Louis Laforge / Sorya Khaldoun. Il se termine par une page de sport puis par le module « vu », importation du « Zapping » de Canal+. 
A la suite, l’Instant module, de 18h36 à 18h54, présenté par Adrien Rohard, entouré de journalistes de l’atelier des modules et des partenaires extérieurs ou internes (INA, FTR, etc.). 
Un accord a été signé avec Brut, le site de Renaud le Van Kim, pour une diffusion exclusive de ses contenus sur l’antenne et les sites de Franceinfo. 

Dans la perspective des présidentielles, la direction constitue une « cellule élection » autour de Gilles Bornstein et de Caroline Le Junter.
L’objectif sera d’inviter des personnalités politiques dans la tranche 21h30/minuit. 
Autres évolutions : une séquence décryptage justice par Dominique Verdeilhan, un retour sur les grands procès par Clément Weill-Raynal, un module décryptage d’image par Hervé Brusini, un module et une émission hebdomadaire présentés par Claire Chazal (sans surcoût, assure Germain Dagognet), une séquence économie avec François Lenglet. 


La commission a vivement dénoncé l’omniprésence de M. Lenglet et de sa vision libérale de l’économie, comme seul expert sur le sujet. Franceinfo devrait au contraire recourir à une diversité d’experts représentant les différentes approches de l’économie.

La chaîne du service public ne peut se contenter de véhiculer l’idéologie dominante, comme le font déjà les chaines d’information en continu dont elle entend se démarquer.

Dans le même esprit, une discussion s’est engagée en commission sur la vampirisation du plateau de Franceinfo par France 2 pour ses soirées électorales. 
Germain Dagognet répond que ça rajeunit l’image de France 2 et que ça permet aussi de rapprocher et de familiariser les équipes. Pour la commission, cela pénalise Franceinfo qui se retrouve reléguée sur le plateau de RadioFrance où tout le monde est tassé autour de la table du studio des Informés.
 Germain Dagognet reconnaît que c’est une forme de sacrifice de Franceinfo au bénéfice de France 2. 

De notre point de vue, cela brouille aussi l’image de Franceinfo, puisque son plateau très identifié sert de cadre à l’idéologie du 20h de France 2, qui débarque là avec son habituel cortège d’éditorialistes multicartes, tous porteurs d’un discours univoque, libéral et réactionnaire. Peut-être serait-il opportun de limiter l’hégémonie de France 2 sur le reste du groupe… 

Le « 6h Info » La commission s’est émue de découvrir le projet de « 6h Info » par les bruits de couloir. Il s’agit d’une évolution de grille qui mérite un débat au sein de la Casmoa, dans la mesure où elle impacte à la fois Franceinfo et la grille de France 2. 
Depuis le 20 mars, en lieu et place du jeu « Les Z’amours », France 2 diffuse une demi-heure d’information fabriquée par Franceinfo, dans le décor de l’atrium, avec un habillage spécifique (un mix entre l’identité de Télématin et celle de Franceinfo : on passe du « gris-jaune » au « rouge-blanc »). L’édition est incarnée par l’anchorman matinal du Canal 27, Laurent Bignolas. 
Pendant ce temps, le canal 27 diffuse, lui, le signal de France 24. La direction met en avant la demande de la direction de France 2 et de William Leymergie, afin de renforcer la tranche de 6h face à BFM et aux autres chaines d’info en continu, et de booster l’audience de Télématin. Elle met en avant des chiffres prometteurs, lors de la 1re matinale. 
Les membres de la commission pointent un risque pour l’identité des chaines et une porosité de plus en plus fréquente entre France 2 et Franceinfo (Télématin, soirées électorales, visages récurrents des contributeurs de la 2). 
A quand la fusion-absorption ? 
Germain Dagognet assure qu’il y aura toujours des éditions distinctes entre Télématin et la matinale de Franceinfo. 
Ces évolutions contribuent à renforcer l’inquiétude des équipes de Télématin, quant à l’avenir de la tranche d’info emblématique de France 2. 
Les membres de la commission ont rappelé que Télématin était de loin la 1re source de recettes commerciales de France 2 (21%) et qu’il fallait préserver ce patrimoine. 
Nous rappelons également que l’objet de la commission et des groupes de travail passés et en cours est d’interroger les fonctionnements et la mutualisation des moyens entre France 2 et la chaîne info, afin d’évaluer quel est le bon niveau. 
Force est de constater qu’à ce jour, le fonctionnement voulu par la direction porte préjudice à l’antenne de France 2.
Il demeure de nombreux bugs lors des transferts de sujets de l’atrium vers France 2, une grande hétérogénéité dans la qualité des sujets fournis par les deskeurs (aussi bien sur la forme que sur le fond) ou des difficultés liées à l’identité de chaque édition, notamment en ce qui concerne le rythme et la longueur des sujets. Les éditions de Télématin sont courtes et les sujets aussi.
Ce n’est pas toujours le cas de ceux fournis par Franceinfo, ce qui pose problème. Par ailleurs, nous rappelons que, tant que le fonctionnement transitoire est maintenu à Télématin (2 rédacteurs + 4 monteurs), ces salariés doivent être loyalement utilisés, ce qui n’est pas leur sentiment.
A plusieurs reprises, les rédacteurs de Télématin ont été cantonnés à un travail de desk pendant que les deskeurs de Franceinfo allaient sur le terrain.
Quant aux monteurs, ils se sentent acculés à une forme d’obsolescence programmée, réduits dans le meilleur des cas à des rôles de « réparateurs de sujets », privés – contrairement à tous leurs collègues – d’un référent lors du passage au logiciel de montage Adobe Premiere. 
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Laurent Bignolas note également que l’équipe du matin a de grandes difficultés à récupérer des sujets, en particulier régionaux, quand elle sait pourtant qu’ils ont été tournés. 
Il y a un vrai problème de coordination et d’échanges. 
La direction a été interpellée sur l’utilisation par Franceinfo d’une séquence d’images tournée par la rédaction nationale avec les douanes. Ces images devaient faire l’objet d’un floutage, elles engageaient la parole de la journaliste de la rédaction nationale de France 3. Une deskeuse de Franceinfo a trouvé les images dans Dalet et les a utilisées pour illustrer un desk, ce qui pose des questions de sécurisation des rushes et d’éthique.
La direction répond que ces images n’étaient accompagnées d’aucune alerte et que donc personne ne pouvait savoir qu’il y avait une restriction à leur utilisation. 
[...]

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