23 mars 2017

TF1 vs FTV : David et Goliath !





Pour fabriquer un fromage j’ai 90 chèvres…
Pour fabriquer le même fromage, France Télévisions en a près de 800 à la louche...
Et pourtant mon fromage est le plus regardé à la télé !

Je viens de me réveiller, tremblant dans ma toge de berger grec, en crise, effrayé par une Armée des Ombres surgie de l'autre côté de l'Achéron de l'Audiovisuel public, le fleuve croupi où dérivent les audiences… 

A TF1, le gros cylindre-citadelle, à côté de France Télévisions, on compterait 2800 salariés, dont 90 journalistes, semble-t-il, pour la rédaction qui fabrique le 13h et le 20h. 
Les chiffres sont difficiles à cerner, TF1 s’est lancé dans un amincissement de sa masse salariale depuis quelques années : en quatre ans plus de 850 personnes sont parties sans crise et avec un chèque. 

C’est un élément de comparaison pour France Télévisions dont les chiffres sont scandaleux : au milieu des quasi-dix-mille salariés, la Plus Grande Rédaction d’Europe : celle de Paris !
On estime que plus de 800 cartes de presse se bousculent dans le grand paquebot des bords de Seine de FTV. 
Pas vraiment un gage de fierté !
J’ai enlevé les journalistes des régions de métropole ou d’outremer qui ont un métier et une productivité différente de ceux de la Rédaction nationale et qui sont plus proches de leurs publics respectifs. 
Il en resterait quatre cents pour les journaux de France 2 et plus de trois cents cinquante pour les journaux nationaux de France 3. Et 50 pour France Ô. 
Ce sont des traits grossiers pour mieux comprendre la situation inextricable. 
Par exemple :
Un journal national dure une trentaine de minutes. 
Il y a dix minutes de plateau avec le présentateur et vingt minutes d’images de reportages, ou acquises dans les échanges internationaux, ou produites par les équipes de la chaîne…
En clair une dizaine de reportages sont produits chaque jour pour être diffusés dans les journaux d’une seule chaîne publique nationale.
Cela devrait faire travailler une vingtaine de journalistes en reportage, une dizaine de journalistes à l’édition du journal et cinq ou six rédacteurs-en-chef : 35 par jour par chaine, donc 70 pour les deux chaînes, s’appuyant sur un réseau de correspondants ou de stations régionales pour les deux chaînes à l’étranger et en France…
Comptons large, avec les remplacements de congés, les malades, les renforts. 
Disons qu’une rédaction nationale pour chaque chaîne de service publique : 100 journalistes chacune ! 
et là on doit pouvoir travailler sur leur cohésion, leur cohérence, leur convergence… 
Mais que font les 600 autres alors ? 
La plus Grande Rédaction d’Europe (France 2 et France 3) fait appel à des sociétés privées pour fabriquer ses magazines d’investigations, se fait voler le Grand Débat, parti avec talent sur TF1, engloutit une direction de l’Information incongrue et incapable et attend, terrée dans l’ombre. 
Les éditions des journaux nationaux sont devenues des citadelles dont les mini-rédactions, serrées autour du présentateur-baron, inventent des moyens pour ne pas faire appel aux 600 journalistes qui attendent dans les services, l’arme au pied en produisant des reportages qui ne sont jamais diffusés.
Des structures fantômes comme IV3, l’Université ou les rédactions numériques absorbent quelques dizaines de cartes de presse…pour aucun impact…
Juste des hamsters dans la roue. 
Ils bougent et courent mais ne produisent rien. 
Le plus drôle et dramatique à la fois, c’est le choix des réformateurs. 
Le Huitième étage - l’Olympe - désigne des directeurs réformateurs, des secrétaires généraux, qui inventent des systèmes nouveaux pour remettre en ordre de production cette masse industrielle. 
Il suffit de regarder les organisations proposées pour pouffer de rire : des usines à gaz incroyables et pensent-ils, futuristes. 
Gérées par des logiciels administratifs qui rendraient fou Kafka. 
L’un de ces logiciels inventés par un administratif particulièrement retord empêche un journaliste de faire autre chose que sa tâche désignée. 
Plus possible pour un rédacteur-en-chef de remplacer en région un présentateur…pas deux choses à la fois !
Des carcans administratifs qui empêchent le travail, l’imagination, la souplesse, la réactivité, l’efficacité. 
Cela se paye ! 

TF1…90 journalistes. Première chaîne d’information…

France 2 - France 3… 800 journalistes…et un fromage si mauvais qu’on paye des vaches pour en faire !

Parait que Dame Ernotte, en son donjon, ne rigole plus…Franchement comme je la comprends. 
Elle n’est pas aidée par son comité exécutif ! 
A TF1 et M6, et même BFM, on se poile comme disent mes biquettes !

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