08 mars 2017


C’est décidé : j’organise un séminaire. 
Mes chèvres vont enfin savoir ce qu’est un fromage. 
Il y a des hôtels de luxe vides sur la côte du Péloponnèse : on va en profiter. 
C’est Madame Delphine qui m’en a donné l’idée. 
Elle réunit son troupeau d’ânes-comité exécutif pour un séminaire à la fin mars.
J'espère qu'elle ne me verra pas dans ma toge et ma chemise à fleurs ! 
Objectif : donner une identité aux chaînes ( il était temps après plus d'une année de règne...) et surtout tenter de sauver le vaisseau-amiral France 2 de la catastrophe de la chute des audiences. 
Bon…C’est vrai qu’on a tout entendu : les chaînes étaient les marques commerciales d’une même société alors que pendant des dizaines d’années, depuis 1974, elles étaient les vitrines résultant du travail des équipes de chaque entreprise. 
Une chaîne était une entreprise, une équipe, un drapeau, des intelligences, des talents coordonnés par des directeurs compétents et respectés sur un territoire donné avec une direction et des objectifs de service public bien définis…

Nous avons maintenant une entreprise commune d’administration de l’Audiovisuel où les services s’entrecroisent, s’annulent, vivotent et où les salariés ne comprennent plus rien. 
A tel point que la Présidente ordonne un sondage à prix d’or pour savoir si les salariés aiment leur travail ? Leur Boîte ? leurs Chefs ? Leur Présidente ? 
Par endroit des pans entiers de la Machine France Télévisions n’ont pas répondu à ce questionnaire idiot et inutile !

On va donc redonner de l’énergie à France 2 pour sauver les
audiences de l’après-midi qui sont rémunératrices en matière de publicité. 
Une démarche mercantile dans un univers public. 
France 2 a tellement l’allure d’une chaîne privée que sa privatisation va finir par devenir inévitable. 
Tiens, je connais une chaîne de service public où tous les jours il y a une émission de vulgarisation scientifique de haut niveau, une émission de musique classique très populaire,un magazine du Rock, des émissions où on parle actualités internationales et théâtre, cinéma et politique, une chaîne leader sur son marché…Bon ! 
C’est de la Radio de SERVICE PUBLIC et c’est France Inter.

Cela pourrait inspirer le troupeau d’ânes du séminaire de FTV, mais non, ils vont parler comme s’ils vendaient des saucisses dans un supermarché. 
Les mêmes responsables des naufrages vont trouver des solutions pour flotter ? 
Et le reste des chaînes ? 
Parlons justement des naufrages : France Infotv où, pour
tenter de remonter des abysses de l’Audiovisuel, sa direction a pris une décision habile et courageuse : il faut habiller les présentateurs. 
Plus de tenue décontractée, on va costardiser pour que FranceInfo soit regardée et adulée. 
Fini le décryptage, place au Beau et aux Paillettes. 
Tout cela pour des audiences microscopiques et une méga-teuf qui nous a émerveillés avec plus de sept cents invités...
Pour fêter quoi ? 
Le Naufrage de FranceInfo, la chaîne « sous-marin des toutinfos » ? 
Elle est là mais en plongée…on ne la voit jamais…
Pas grave c’est la Redevance qui paie, la teuf, les costards, les séminaires et le reste… 
Même Xavier Couture, le demi-mondain de la programmation à paillettes semble fatigué de tout ce cirque. 
Faut dire qu’il est patron de toutes les chaînes et là il vient d’arriver un truc qu’on n’a jamais vu ! 
Un éclair dans le ciel de l’Olympe télévisuel : une émission de service public n'a pas fait bouger les curseurs de Médiamétrie et avoisine donc les 0 téléspectateur pour la première fois en prime time. 
Pourtant un truc à la mode avec des réseaux sociaux, si chers à la Présidente. 
Ben non ! Ce n’est pas regardé. 
France Ô les accumule d’ailleurs : de la médiocrité intellectuelle ahurissante d’une émission politique à un magazine de témoins pour savoir quelle appli utilise la ménagère pour faire du sport ! Désespérant !

Pas grave : c’est de l’argent public que ces managers jettent par la Petite Lucarne !

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