17 janvier 2017

France Télévisions : le FIFO, Quès Aco ?


BRRRR je me gèle dans ma toge…
Ici sur les montagnes du Péloponnèse, il fait presque aussi froid que sur les berges de Seine !
Je ferais bien comme à France Télévisions : je créerais un festival International du film documentaire de l’Océanie. 
Je le baptiserais FIFO et je l’installerais non pas à Saint-Pierre-et-Miquelon…Pas fou ! Mais à Tahiti ! Pardi ! et tiens ! 
Je l’organiserais du 4 au 12 février, quand j’en ai marre du froid en métropole…
C’est une blague ?
Non ! madame Delphine Ernotte, la Pdg de France Télévisions a programmé sur son agenda une visite touristico-culturelle à Tahiti !
Ce n’est pas une blague non plus : 
une chaîne de télévision publique : Outremers Premières - France Ô se transforme en organisation de séjour au frais de la République. 

Depuis une semaine, la directrice de la communication de France Ô est sur place pour préparer la visite présidentielle. 
Le directeur délégué chargé des Outremers à France Télévision y va. Cela tombe bien : Walles Kotra est aussi le président de l’association du FIFO à Papeete. Festival qu’il délocalise partiellement à grands frais dans un village de Nouvelle-Calédonie chaque année. Walles est calédonien…Heureusement qu’il n’est pas autrichien !
Le FIFO est produit par Polynésie Première ! 
le nouveau directeur régional Gérald Pruffer pourra endosser un frac à rayures pour faire le majordome de cette équipée présidentielle. 
Il faudra qu’il mette la main à la poche de sa station : pas de souci on reste en famille : l’organisatrice en chef du Fifo, jusqu'à l'année dernière, n’était autre que la fille de l’ancien directeur général des outremers de France Télévisions : Michel Kops, le prédécesseur de Walles Kotra, qui appartient également au Jury 2017. Le même qui, avant de partir à la retraite, a signé un contrat triennal de financement du FIFO… avec sa coordinatrice de fille ! La vie est bien faite quand même… 

Bon, comptons les moutons : une présidente, son aréopage : un conseiller et une chargée de mission, un directeur général délégué, un conseiller, une directrice de la communication. 
Tout ce monde en frais de mission pour les uns, en frais de représentation pour les autres, dans les hôtels huppés de Tahiti et le billet d’avion en cette saison et en Business ( bien sûr) : aller-retour pour une personne sur Air France au mois de février : 8000 euros ! Ouf  ! multiplié par le nombre de moutons et on râle.. 
C’est vrai quoi !! Pourquoi faire des économies comme les gueux de France Télévisions ? 
On peut s’amuser quand on est au 8ème étage de l’Olympe !
Mais tout cela sont des broutilles : le vrai souci, c’est la justification de ce barnum !

142 films sont inscrits cette année au FIFO : 28 viennent de Nouvelle-Zélande et 27 d’Australie plus ceux d’une myriade d’îles et d’ilots qui composent l’Océanie.
Cette Océanie qui est peuplée de locuteurs en langue vernaculaire : le polynésien ou les langues mélanésiennes mais c’est l’anglais qui domine : Australie, Nouvelle - Zélande, Fidji, Tonga, Samoa etc…
La culture anglo-saxonne est la plus importante du Pacifique avec près de trente millions de locuteurs . 
Le Français, lui, est parlé par la Polynésie française, la Nouvelle Calédonie et Wallis et Futuna : 550 000 personnes à la louche !
Donc le Fifo va rayonner sur une portion infime de l’Océanie. 
Aucun média ne le relaie en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
En France métropolitaine et en Europe, on ne peut pas dire qu’il brille comme un soleil d’hiver. 
Puis ce FIFO est également financé par le gouvernement local du Territoire de la Polynésie française dont les caisses sont aussi vides que celle de la Grèce après le passage du FMI !  
Ah Oui pas d’illusion : les 142 films ne sont pas tous…des films. Souvent des bouts de pellicules animés ! 
Des reportages intimes, des documentaires auto-proclamés. 
Tahiti est un gros contributeur avec 22 films ! 
Hollywood n’en a aucun. Pourtant ils produisent un peu moins, les américains : un seul dessin animé polynésien cette année : »Vaina , la Légende du bout du monde… » Brune, petite, dans l’eau bleue des lagons polynésiens : un reportage sur Delphine Ernotte ?

Alors quelle est la justification de l’organisation d’un festival qui n’a aucun impact, aucune retombée à part des pince-fesses tropicaux ?
Justement, offrir aux initiés de France Télévision une manière de fuir l’hiver en utilisant la redevance des téléspectateurs français ! 
Je vous avais dit qu’elle n’était pas assez élevée !

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