13 janvier 2017

CSA : un rapport sur des critères raciaux dérangeants


L'ADAP publie un extrait des vingt pages que compte le rapport et pose une question : à partir de quels critères est-on considéré pour le CSA comme "non-blanc" ?
extrait :
Les personnes « perçues comme blanches » sont toujours largement majoritaires à la télévision (84%). 
Pour les programmes d’origine française, la tendance est un peu plus accentuée avec 86% de « perçues comme blanches », et encore plus pour les programmes dont le sujet est français (90%). On note néanmoins, globalement, une légère hausse de la représentation des individus « perçus comme non blancs » entre 2014 (14%) et 2016 (16%),revenant ainsi à son niveau de 2013.
Parmi les personnes « perçues comme non blanches », les personnes « perçues comme noires » (45%) et « perçues comme arabes » (25%) sont les plus représentées. Il est aussi important de noter une baisse significative de la représentation des personnes « autres »avec une régression de 7 points entre 2014 et 2016.
Les personnes « perçues comme non blanches » sont les plus représentées dans les programmes de sport (22%) et les fictions (21%), et les moins représentées dans les programmes d’information (11%). Considérant que les programmes d’information devraient refléter justement la diversité de la société française, le résultat très faible observé fait de cette question un point central du baromètre de 2016. 
À périmètre constant, la représentation des personnes «perçues comme non-blanches » a augmenté sensiblement dans les programmes de sport entre 2014 (17%) et 2016 (22%),et dans les fictions entre 2014 (16%) et 2016 (21%). En revanche, elle a stagné dans deux autres genres (11% en 2014 et en 2016 dans les programmes d’information et les magazines / documentaires) et elle a baissé de 2 points dans les programmes de divertissement, de 17% en 2014 à 15% en 2016.
En proportion, les personnes « perçues comme non blanches » sont davantage représentées dans les fictions américaines (25%) et d’Europe hors France (21%) que dans les fictions françaises (17%) et du reste du monde (12%). 
Une comparaison de la situation française avec les Etats-Unis souligne l’avance importante de ces derniers sur la représentation des origines à la télévision. Cela s’explique notamment par la place donnée aux questions de diversité de la société et de multiculturalisme. L’animation américaine est celle qui propose le taux de représentation des individus « perçus comme non blancs » (27%) le plus élevé, suivie de près par les séries américaines (25%) et les séries européennes hors France (25%). Dans les fictions animées, la représentation des personnes «perçues comme non blanches » est significativement plus élevée que la moyenne sur l’ensemble des programmes (27% personnes « perçues comme non blanches » dans les fictions animées américaines mais également 23% dans les fictions animées européennes hors France et 22% dans les fictions animées françaises). 83% 84% 83%  
Si les programmes d’information sont en-deçà du niveau global de représentation des individus « perçus comme non blancs » (11% vs 16%, tous programmes confondus), c’est principalement en raison des résultats de l’indexation des individus « perçus comme non blancs » dans les émissions de service (c’est-à-dire la météo et les émissions « consomag » - 4%) et dans une moindre mesure dans les journaux d’information (10%). Dans les magazines d’information en revanche, leur proportion est dans la moyenne (17%). 11 Pour les magazines / documentaires, les individus « perçus comme non blancs » sont davantage représentés dans les documentaires (18%) que dans les magazines (11%). Concernant les programmes de divertissement, seules les émissions musicales se démarquent sur cet indicateur (26%). Quant aux programmes sportifs, tant les retransmissions (25%) que les magazines sportifs (21%) contribuent à proposer un taux de représentation des individus « perçus comme non blancs » plus important que dans les autres genres. 
Si l’on procède à une distribution des rôles selon les origines, 10% des individus « perçus comme non blancs » incarnent des rôles de héros contre 16% pour les personnes « perçues comme blanches ». À l’inverse, 44% des individus « perçus comme non blancs » incarnent des rôles secondaires contre 39% pour les personnes « perçues comme blanches ».
Si l’on procède à l’analyse de la représentation des origines en fonction des catégories socioprofessionnelles, on constate que les CSP+ sont très majoritairement représentées par des personnes « perçues comme blanches » (87% vs 13% de personnes « perçues comme non-blanches »). Seules les professions intermédiaires ainsi que les agriculteurs exploitants sont significativement plus représentés par des personnes « perçues comme non blanches » (21%). Les personnes « perçues comme non-blanches » sont un peu plus représentées chez les CSP- (16%) et les inactifs (17%), surtout parmi les inactifs autres, que les retraités. Au regard des résultats globaux, la proportion des personnes « perçues comme non blanches » est très fortement supérieure dans les activités marginales ou illégales (34%) au regard des résultats d’ensemble, toutes activités professionnelles confondues (16% de personnes « perçues comme non-blanches » au global). Ce résultat doit particulièrement attirer l’attention : en effet, considérant la connotation négative de ces activités, une telle roportion de personnes « perçues comme non blanches » les exerçant à la télévision présente un risque important de stigmatisation. (...)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire