07 janvier 2017

A lire l'article de Renaud Revel dans "Immedias"

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Deux patrons à la croisée des chemins, en 2017: Vincent Bolloré et Delphine Ernotte


2017 sera une année de fortes tensions et de grandes manœuvres dans l’univers des médias, avec une séquence présidentielle qui ne sera pas sans conséquences sur ce secteur. Petit revue en deux points de ce qui se profile à l’horizon…  
 France Télévisions à l’heure des comptes.
 L’hypothèse d’une alternance politique en mai prochain constitue une sérieuse hypothèque pour le groupe de Delphine Ernotte, dont le bilan est étrillé dans l’opposition. L’endettement abyssal du groupe, ainsi que la médiocrité de ses audiences, fragilise celle dont les conditions pour le moins troubles de la nomination, par les CSA, constituent un handicap. Promise à une refonte, l’instance d’Olivier Schrameck est d’ailleurs montrée du doigt dans les rangs des Républicains. François Fillon, si c’était lui, a déjà tracé les grandes lignes des réformes qu’il entend appliquer à l’ensemble de ce secteur. L’information est notamment pointée du doigt, où la tonalité de certains magazines ou rendez-vous -dont ceux d’Elise Lucet ou du couple  Léa Salamé-David Pujadas à la tête de L’émission politique- crispe à droite. La présidence de France Télévisions fait ainsi déjà l’objet de convoitises dans la perspective d’une modification profond de la loi, qui inclurait un changement de gouvernance à la tête de cet ensemble. Et si on ne parle pas d’un système des dépouilles, de «spoil-system», c’est tout comme: un changement d’équipe dirigeante semble ainsi inéluctable.
Canal+ et Vivendi à l’heure des grandes manœuvres
 2016 n’aura été qu’un zakouski, la crise d’iTELE, (devenu C-News), qu’un écran de fumée passager. Et l’affaire Morandini, un épiphénomène. Vincent Bolloré n’a pas prêté plus d’importance que cela à ces différentes séquences, attelé à l’important mécano industriel qu’il est en passe de construire. Un mot sur Canal+ d’abord: le groupe va bien mieux. Grâce à une politique marketing agressive et un abaissement de ses offres d’abonnements, ses résultats comptables s’améliorent. L’ensemble du pôle musique et « Entertainment » de Vivendi est profitable. Et les incursions de « Canal » et de Vivendi, (avec Canal Olympia), sur le continent africain sont un franc succès. Mais c’est le front italien que Vincent Bolloré est en passe de faire un gros coup : son bras-de-fer avec Silvio Berlusconi, (dont il a pris 26% de sa pépite, Médiaset), devrait déboucher sur un compromis, qui verra l’homme d’affaires breton marier Canal+ aux chaînes italiennes du milliardaire milanais. Une question de semaines. Vincent Bolloré, par ailleurs, travaille à un rapprochement  avec Orange : convaincu, à l’image du propriétaire d SFR, Patrick Drahi, de l’importance des « Telcos » dans l’univers des contenus, Bolloré, (qui est par ailleurs le premier actionnaire de Telecom Italia)  est décidé à rapproche Canal+ du géant français, présidé par Stéphane Richard. Et à faire de l’ensemble Vivendi-Havas-Canal+-Orange-Mediaset un futur géant de l’audiovisuel européen.

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