06 juillet 2016

Pourquoi l'Audiovisuel Public des Outremers doit quitter France Télévisions




L’Audiovisuel Public des outremers doit être séparé de France Télévisions et de Radio France. 
Polynésie 1ere
Même si une holding coiffe structurellement le tout : audiovisuel de métropole, de l’Extérieur, des Outremers.

Les neuf stations sont éloignées de milliers de kilomètres des centres, du Centre de décision. 
St Pierre Miquelon
Elles sont automatiquement pénalisées quand la bonne gestion financière de l’entreprise commence par elle-même : ce que la direction actuelle appelle les chaînes Premium (France 2,3,5) puis les régions de France 3 au nombre de 13  (les pôles de gouvernances, en gros les Directions régionales gérant les stations régionales) puis viennent en bout de chaîne les stations des outremers. 

Or, ce sont celles qui coûtent le plus cher : 
Wallis 1ere
indexation des salaires, normes techniques maintenues malgré l’éloignement, fabrication de programmes locaux en langue vernaculaire : tahitien, créoles, wallisien, shimaore , etc.. 
Personnels plus nombreux du fait des remplacements ou des renforts à pourvoir sur place.
A ceci une contrepartie : l’excellence des audiences TV ou Radio qui dépassent largement celles des autres chaînes de l’audiovisuel public.

Bref : les stations de l’Outremer grèvent les budgets, sont invisibles depuis Paris et ne rapportent pas grand-chose. 

C'est donc leurs budgets qui sont les premiers à souffrir alors que les populations ont un besoin crucial des informations de service public concernant la santé, la citoyenneté, la culture locale, le patrimoine, l’explication de la chose publique : scolarité, université, formation, etc…

En clair, la Mission de service public est bien plus affirmée et concrète que dans le reste de l’Audiovisuel Public qui regarde ces programmes comme une ringardise alors qu’ils sont l’essence même de la raison d’exister de cet Audiovisuel public.
Pour diriger ces neuf stations et leur insuffler une énergie et un attachement à leur mission, il faut une direction autonome, indépendante du reste de l’audiovisuel public et qui ne raisonne pas sur les même critères mais penche clairement du côté de l’ "Intertainement ".

Pour le moment ces stations des outremers sont organisées sur un modèle dépassé et complètement obsolète : un directeur régional nommé sur des critères obscurs, fruit d’une proximité avec le directeur délégué aux Premières, dirige sa station…comme il peut : aidé par un directeur des programmes TV (et parfois Radio) qui est souvent le chargé de relations troubles avec des sociétés de productions locales que l’ont fait travailler sur des budgets publics.
La valeur des émissions se fait au doigt mouillé.

Une autonomie, une indépendance de l’audiovisuel Public d’outremer permettrait d’installer enfin des Conseils Locaux de Programmes composés de personnalités issues de l’éducation nationale, des collectivités locales, des municipalités, des services locaux culturels, etc... 

Il faut mettre l’audiovisuel public à la portée des peuples des outremers français car, jusqu’à présent, les populations locales n’ont aucun accès aux stations TV Radio et internet (sauf dans le cadre de jeux...). Une incongruité !

La démocratie la plus transparente doit être la ligne conductrice de la refonte de l’Audiovisuel Public d’outremer : un Président nommé par une commission mixte parlementaire, un Secrétaire Général qui applique les décisions et fait fonctionner le réseau des neuf stations. 
Une station-service : Malakoff, qui héberge les services dédiés : RH, Relations Internationales, Direction de l’Information, etc…

L’audiovisuel Public des outremers doit être un exemple pour le reste de la France.
Un exemple dans son fonctionnement formatif et informatif.
Un exemple dans sa probité morale et politique.
Bien loin de sa situation actuelle d’organisme croupion de France Télévisions. 
Cette réforme redonnerait une ambition et un dynamisme au réseau. 
Les outremers retrouveraient une valeur qu’ils ont perdue ces dernières années depuis "l'adossement", c'est ainsi que c'était présenté, à France Télévisions.

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