14 juillet 2016

Les parlementaires expliquent la précipitation dans laquelle est lancée la chaîne tout info.


franceInfo:, la nouvelle chaîne d'information du service public, devait êt, re lancée en urgence, avant l'élection présidentielle de 2017, pour éviter qu'un changement de gouvernement n'enterre le projet, c'est ce que révèle un rapport parlementaire présenté mercredi mais qui était subodoré dés l'arrivée de la nouvelle présidente.

On a tendance à oublier un fait qui était passé inaperçu à l'époque : lors de la visite de Radio France, pour ses 50 ans d'existence par le Président de la République, celui-ci, c'était en 2013,
avait clairement indiqué son souhait de voir collaborer de la manière la plus étroite possible les deux services publics, France Télévisions et Radio France. 
Il anticipait sur ce qui était son souhait secret, avoir une chaîne de télé à sa dévotion avant la présidentielle, pour contrebalancer l'influence supposée des chaînes d'info privées où il se sent maltraité. 

Il ne fait maintenant aucun doute que le choix de Delphine Ernotte par le CSA répondait à cette attente...

Dans ce rapport, le député socialiste Jean-Marie Beffara explique que "des délais très courts de mises en oeuvre étaient sans nul doute nécessaires à l'aboutissement de ce projet, le lancement de la chaîne devant intervenir avant les élections de 2017 et la finalisation du COM" (contrat d'objectifs et de moyens) de France Télévisions et Radio France.
Les députés reviennent dans leur rapport sur l'échec d'un premier projet de chaîne d'information publique présenté dès 2001 par France Télévisions et validée en mai 2002 par Lionel Jospin, alors Premier ministre, mais enterré par la droite à son arrivée au pouvoir.
"Alors que la chaîne est destinée à être lancée en septembre 2002, le ministre de la Culture (de Jacques Chirac, ndlr) Jean-Jacques Aillagon décide de stopper le projet, arguant d'un risque économique important pour les chaînes privées concurrentes", selon le rapport, en référence à la chaîne privée d'information LCI du groupe TF1.
"À ces réserves s'ajoute l'émergence d'un projet concurrent porté activement par le président de la République (Jacques Chirac): une chaîne publique d'information internationale", France 24, qui sera lancée fin 2005, et qui, elle, ne menace ni LCI ni iTELE (chaîne d'information du groupe Canal+).
"Le souci de préservation de la concurrence, incarnée notamment par TF1, demeure prégnant: à son lancement, la chaîne d'information internationale n'est pas diffusée sur le territoire français", poursuit le rapport.
Soulignant que la France est le seul pays européen sans chaîne d'information publique, "secteur pourtant primordial à la défense du pluralisme et à l'enrichissement du débat démocratique", les députés dans leur rapport estiment que "la chaîne publique d'information en continu, dénommée +France Info+, doit être lancée le 1er septembre 2016 dans des délais de mise en oeuvre exceptionnellement courts, pour que l'histoire ne se répète pas".
Ce projet n'est "en aucun cas une structure préfigurant la construction d'une BBC à la française, sous forme d'un groupe unifié de l'audiovisuel public", relèvent les députés.
Ils s'inquiètent cependant dans leur rapport d'un risque de dérapage budgétaire lié à ce projet, surtout pour Radio France.
On sait que de 6 millions d'euros, la facture d'ores et déjà est passée officiellement (annoncé en CCE) à 15 millions pour, très certainement, dépasser les 20 en fin de parcours (les Echos prévoyant en février une note à la hauteur de 50 millions !).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire