02 juillet 2016

Intéressant papier de RTL par Isabelle Morini-Bosc


Petite devinette pas évidente pour commencer. Quel était hier soir (01/07) le point commun entre les chanteurs Christophe Maé, Hyphen-Hyphen, Béatrice Uria Monzon, le magicien Éric Antoine et des acrobates beaux de face comme de fesses ? Ne cherchez pas, ils étaient tous réunis à France Télévisions hier pour un motif noble, "faire la fête ensemble". Mais encore ? La nouvelle patronne du groupe audiovisuel,Delphine Ernotte, très en forme et très en beauté hier (le "verve" lui va bien), a en fait d'abord rassemblé la presse dans le foyer du rez-de-chaussée de France Télévisions.

Là, les 5 directeurs de France Télévisions dûment entraînés par des coaches (ah oui, vraiment ?) ont successivement égrainé leur bon bilan et leurs enjeux, nous balançant chacun de jolis montages d'images kaléidoscopiques inutiles mais jolies à l’œil. On a même eu droit à la séquence pédagogique, avec le patron de l'info, Michel Field, expliquant le journalisme... aux journalistes ! Et même si c'est en partie de notre faute à nous, les médias, qui traquons sottement le scoop, force est de constater que l'ensemble manquait un peu de valeur ajoutée informative : dire France 2 tente, France 3 ose, France 4 innove, etc, c'était peut-être important mais pas complètement suffisant.

Une annonce sur les programmes à venir aurait été bienvenue
Un "plus" d'annonces-programmes eut été aussi bien accueilli qu'un plus de lard dans une choucroute. "Ce n'est ni le lieu ni l'heure", nous a ainsi répondu Michel Field, interrogé sur la future chaîne d'info. Mais si avant l'heure c'est pas l'heure, pourquoi ne pas attendre que ce soit la bonne heure pour communiquer ? Ce que disait en revanche Delphine Ernotte, c'est qu'elle voulait fêter avec ses équipes la bonne santé du groupe, et d'une façon "innovante et différente". En étant "tout sauf identique aux autres". Un peu comme Guitry disait à propos des femmes "je veux bien qu'elles nous soient supérieures pourvu qu'elles ne soient pas nos égales".

La "patronne" a ensuite transporté tout ce petit beau monde dans le hall d'entrée de France Télévisions où, surprise, était donné un spectacle sympa et bruyant assuré par ceux que j'ai cité en préambule, notamment un épatant Christophe Maé, chantant "il est où le bonheur, il est où", alors qu'il devait penser "il est où l'ingénieur, il est où ?" Du son bien sûr. Car il n'y a pas que le lierre, la fièvre ou les audiences qui grimpent et montent, il y a aussi les sons. Qui, mélangés à d'autres sons, formaient une sorte de "gloubigoulba sonore". L'ensemble était pourtant sympa.


"À la limite du dangereux racisme-à-rebours"

Mais à qui était-il, de surcroît, destiné ? C'est la question que semblaient se poser les vedettes-maison et celles qui allaient le devenir, en entendant de formidables "Grands Reporters d'images", donc des journalistes, nous expliquer leur métier, à nous qui sommes également journalistes. 
C'était aussi surréaliste que d'entendre un producteur de pommes expliquer son métier à un producteur de poires. 
On remercie en revanche Delphine Ernotte de ne pas avoir dit hier ce qu'elle n'aurait pas davantage dû dire dans Le Parisien ce matin. 
À la question "Est-ce fini la télé d'hommes blanc que vous stigmatisiez", elle a répondu "oui". Et là, on est à la limite du dangereux racisme-à-rebours. 
Depuis quand est-ce devenu honteux de naître en France avec une peau claire ? Méditez, ramassage des copies à la rentrée.

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