03 juin 2016

L'affaire avait fait grand bruit à l'époque...la Mata Hari de Christine Ockrent interceptait les mails de ses patrons !


AFP/Archives |

 Six à huit mois d'emprisonnement avec sursis ont été requis contre Candice Marchal, soupçonnée en 2010 d'espionnage informatique à l'Audiovisuel extérieur de la France, où elle collaborait avec la journaliste Christine Ockrent


NANTERRE (AFP) - 
Six à huit mois d'emprisonnement avec sursis ont été requis jeudi à Nanterre contre Candice Marchal, soupçonnée en 2010 d'espionnage informatique à l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF, aujourd'hui France Médias Monde), où elle collaborait avec la journaliste Christine Ockrent.
Mme Marchal, 43 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel au côté d'un informaticien, Thibault de Robert, pour piratage et vol de données de l'AEF.
Candice Marchal, "au centre de ce dossier", a eu "le comportement de quelqu'un qui veut régler ses comptes", a affirmé le procureur.

L'affaire avait débuté en octobre 2010, après une fuite dans le Canard enchaîné sur la gestion financière du groupe chapeautant notamment Radio France internationale et la chaîne d'information France 24, dans un contexte de guerre des chefs entre le président de l'AEF de l'époque, Alain de Pouzilhac, et son ex-directrice déléguée, Christine Ockrent.
Mme Marchal, alors collaboratrice de Mme Ockrent, est poursuivie pour avoir frauduleusement accédé à une copie du serveur informatique, créée par l'informaticien, ainsi qu'aux boîtes mail de plusieurs dirigeants de l'AEF, grâce aux codes qu'il lui a fournis, et d'en avoir soustrait des données confidentielles.
Une expertise diligentée par l'AEF avait permis de découvrir dans l'ordinateur de Mme Marchal 2,5 millions de fichiers provenant des disques de différents dirigeants du groupe. Mais une enquête de la Brigade d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information avait établi que les serveurs y avaient été placés par le service informatique de l'AEF après sa mise à pied, rendant ce chiffre de 2,5 millions caduc.
Licenciée pour faute grave fin 2010, elle avait réfuté tout espionnage et "certainement pas" pour le compte de son ancienne supérieure.
Jeudi, émue, elle a nié avoir contacté le Canard enchaîné.
Elle a en revanche reconnu avoir consulté les boîtes mail de deux dirigeants, y cherchant des informations sur son avenir et le licenciement du directeur de la rédaction de France 24 Vincent Giret, dans une période "assez violente" pour les proches de Christine Ockrent, mais assuré qu'elle pensait être autorisée à accéder au serveur en ligne.
Le procureur a, au contraire, estimé qu'elle avait eu accès à un segment "stratégie" où elle ne pouvait d'ordinaire pas pénétrer.
L'informaticien, contre lequel quatre à six mois d'emprisonnement avec sursis ont été requis, a quant à lui "trahi le c?ur de son métier, la sécurité, la confidentialité", en fournissant les codes d'accès aux messageries et au serveur, a poursuivi le magistrat.

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